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Dalayrac Nicolas-Marie
1753-1809

d'Alayrac

Né à Muret (Haute-Garonne) le 8 juin 1753, mort à Paris le 26 novembre 1809.

Fils de Messire Jean d'Alayrac, conseiller du Roy en l'élection de Comminges et de Marie Cluzel.

De 1761 à 1767 il est au collège de Toulouse. À son retour à Muret, il prend des cours de chant et de violon et joue le second violon dans un orchestre local. Son père l'oblige à suivre des études de droit qu'il achève en 1774 avec la license. Il fait une première et unique apparition comme avocat que son père ne juge pas assez brillante.

Nicolas Dalayrac, quatuor no 5, 1er mouvement allegro.

Il obtient une commission de sou-lieutenant dans la garde du comte d'Artois (futur Charles X) à Versailles. Il reçoit une solde de 750 livres, qu'il complète par une rente de 450 livres accordée par son père.

A Paris il fréquente des musiciens et des amateurs de musique comme le Baron de Bésenval ou le Chevalier de Saint-Georges. Il prend des cours de composition avec Honoré Langlé. Dans ses essais sur la musique Grétry écrit avoir conseillé Dalayrac.

Ses premières composition sont des duos de violon, des trios de cordes ou des quatuors. Il les publie sous un pseudonyme à consonance italienne. Les quatuors ont un grand succès, et on découvre sa véritable identité. D'après Pixérécourt, Dalayrac est membre de la loge maçonnique des « neuf sœurs » et compose en 1778 la musique pour la réception de Voltaire et celle de la fête en l'honneur de Franklin chez Madame Helvétius.

Gravure de Louis-Charles Ruotte (1754-1806), d'après Césarine Henriette Flore Davin (1773-1844), 1801.

En 1781, il compose, à la demande de Bésenval, pour des concert privés, Le petit souper et Le chevalier à la mode. Ces pièces sont bien accueillies, et c'est sous le patronage de Maris-Antoinette qu'il compose son premier opéra, L'Éclipse totale qui est donné au Théâtre des italiens.

Nicolas Dalayrac, Quand le bien-aimé reviendra, par Joan Sutherland.

En 1786, il fait figure de successeur à Gretry. Ses succès les plus marquants d'avant la Révolution sont Nina ou La Folle par amour (1786), Azémia (1786) et Les deux petits Savoyards (1789). Presque toute sa musique est publiée. Beethoven possédait une copie des Deux petits Savoyards et de La soirée orageuse.

En 1790 son père décède. Il passe quelques temps dans le Sud de la France. Au cours de son voyage de retour à Paris, il rencontre l'actrice Gilberte Pétronille Sallard qu'il épouse le 6 décembre 1792. Elle présidera un salon sous le Directoire et le Consulat.

Il compose quelques chansons républicaines, et des airs extraits de ses opéras reçoivent des paroles d'actualité (le paroles de Veillons au salut de l'Empire sont écrites sur un air de son opéra Renaud d'Ast de 1787)

Maison de Nicolas Dalayrac La maison de Dalayrac et Guilbert de Pixerécourt à Fontenay-sous-Bois, par Auguste Jacques Régnier (Bibliothèque nationale de France / Gallica.

En 1798, il est membre de l'Académie Royale de Suède, et reçoit la légion d'honneur en 1804.

Il compose Le poète et le musicien à l'occasion de l'anniversaire du couronnement de Napoléon (4 décembre 1809) mais il meurt avant cette date. Il est enterré dans le jardin d'une maison particulière à Fontenay-sous-Bois (ses restes ont été transportés au cimetière municipal)

Un buste sculpté par Pierre Cartellier est placé dans le foyer de l'opéra comique en 1811.

Dalayrac NicolasNicolas Dalayrac. Gravure de Gauthier, d'après le buste sculpté par Pierre Cartellier (1757-1831).

Catalogue des œuvres

Partitions de Nicolas Dalayrac à télécharger (IMSLP)

Nicolas DalayracJean-Baptiste-Sauveur Gavaudan (1772-1840) dans Nina (rôle du comte de Lescars).

dalayrac Juliet (dans La prise de Toulon) Caporal des troupes du Pape. (Bibliothèque nationale de France / Gallica).

DalayracDeux élégantes ayant en main la partition de Maison à vendre. Huile de Robert Jacques François Lefèvre.

Nicolas DalayracGravé par Edme Quenedey (1756-1830), d'après un physionotrace. 1809.

Écrits

Compte-rendu à l'Assemblée générale des auteurs dramatiques le 6 fructidor (Historique) [Autographe]

La Folle de Saint-Joseph. Anecdots qui a fourni le sujet de Nina ou La Folle par amour [Autographe]

Système pratique au moyen duquel on peut apprendre l'harmonie plus facilement et plus promptement qu'avec le secours de la Basse fondamentale [Autographe]

nicolas Dalayrac Nicolas Daleyrac (collection Muller, New York)

Correspondance

Bibliothèque nationale de France, fonds du conservatoire : A Langlé, sans date et 6. février 1807 ; à Fabien Pélet 1809 ; à Pleyel 31 décembre 1809 et 23 thermidor an 12 ; à son frère, Muret 6 plairial an 13 ; au Comite Révolutionnaire, 15 floréal an 2.

 

nicolas dalayrac

Bibliographie

Documents

Radiguer Henri, La Musique française de 1789 à 1815. Dans Lavignac, « Encyclopédie de la musique » (1) Paris 1914, p. 1487-1488.

Nicolas Dalayrac continue la série des mélodistes gracieux de la fin du xvin» siècle. Il était Languedocien et natif de Muret (13 juin 1753). Son père, Jean Dalayrac, conseiller du roi en l'élection de Comminges, le destinait au barreau et l'envoya au collège de Toulouse, où il fit d'excellentes études, tout en mani-festant de bonne heure de très vives dispositions pour le violon. On a raconté, à ce propos, une anecdote de pure invention sur laquelle Adolphe Adam a consciencieusement brodé. Dalayrac travaillait le droit très assidûment, se fit recevoir avocat et plaida avec quelque succès ; mais on décida de lui donner une autre carrière; quittant la robe pour l'épée, il reçut, en 1774, un brevet de garde du comte d'Artois, dans la compagnie de Crussol.

Il s'occupe alors passionnément de musique; protégé à Paris par M. de Bezenval, par Savalette de Lange, garde du trésor royal, et par le chevalier de Saint-Georges, il se lie avec Langlé, élève de Caffaro et prend de lui des leçons d'harmonie. Bientôt, sesprogrès lui permettent de puljliersa première œuvre, des Duos de violon. Membre de la fameuse Loge des Neuf Sœurs, il compose la musique de la fête qui fut donnée en l'honneur de Franklin, le 27 février 1778.

En 1781, le théâtre de la cour représente, avec succès, deux opéras-comiques de lui : le Petit Souper et le Chevalier à la mode. Des lors, son parti est pris ; il quitte l'armée pour s'adonner entièrement à la musique, et débute à l'Opéra-Comique, le 7 mars 1782, avec l'Éclipse totale, dont le livret lui avait été fourni par un de ses anciens camarades, M. de la Cliabeaussiére. Le succès répondit à son attente, et Dalayrac ne cessa de produire jusqu'en 1809.

Dalayrac était bon, généieux et de commerce agréable. Pendant la Terreur, il fit rayer des listes de proscription un de ses anciens camarades aux gardes du comte d'Artois. En 1790, il renonça à l'héritage paternel en faveur de sa mère et de son frère puiné, et montra un grand stoïcisme à la suite de la faillite de Savalelte de Lange qui engloutissait la plus grande partie de son avoir.

Il mourut le 27 novembre 1809, et fut enterré à Fontenay-sous-Bois.

Nous ne nous occuperons ici que des œuvres de Dalayrac qui parurent avant la Hévolution, les autres sortant de notre cadre. Auteur excellemment fécond, Dalayrac a donné prés de soixante pièces à la Comédie italienne et à l'Opéra-Comique. De 1783 à
1790, paraissent de lui :
le Corsaire, opéra-comique en trois actes (1783), les Deux Tuteurs, deux actes (1784), l'Amant-Statue, un acte (1783), la Dot, trois actes (1783), Nina ou la Folle par amour, un acte (1786), Azémia, trois actes (1787), Renaud d'Ast, deux actes (1787), les Deux Sérénades, deux actes (17881, Sargines, quatre actes (1788), Fanchette, trois actes (1788), les Deux Petits Savoyards, un acte (1789), Raoul sire de Crépi (1789), puis les œuvres de la période révolutionnaire, commençant par le Chêne patriotique, un acte (1790), Vert-Vert, un acte (1790), Camille ou le Souterrain (1791) etc. Nous parlons ailleurs de sa musique instrumentale. D'après le catalogue de La Chevardière, sa première œuvre consisterait en six Duos pour deux violons, dédiés au comte d'Artois (s. d.) et sur lesquels il s'intitule : M. d'Alayrac, Amateur.

La caractéristique de l'œuvre de Dalayrac est son extrême facilité. « Sa facilité banale, écrit M. Lavoix, son aisance à tourner le couplet, sa sentimenlalité fade et sans sincérité, la mollesse et le lâche de son style, tout fait de Dalayrac un musicien médiocre ».Encore que ce jugement nous paraisse exact sur quelques points, nous croyons cependant qu'il est possible d'en appeler de sa sévérité. Dalayrac est bien un homme de son temps; il cultive la « sensibilité », ou plutôt, cette sensiblerie affectée et artificielle dont tant d'ouvrages des dernières années du XVIIIe siècle portent la trace. Cependant, ses contemporains lui reconnaissaient de l'émotion vraie, de la grâce et de l'esprit, et on trouvait que sa musique s'accordait toujours avec la situation. Pour nous, il est éminemment représentatif de son époque, dont il synthétise très exactement les qualités et les défauts.

Sans doute, ce n'est point un savant harmoniste; mais Duni, Monsigny et Grétry ne l'étaient pas davantage. Il se contente de produire sans effort des mélodies dans la note « touchante », mélodies qu'il accompagne légèrement, selon les règles de la vieille harmonie ; point de recherches originales, aucune innovation un peu audacieuse ; « des accords simples, plaqués ou arpégés, soutenant des phrases sévère-ment carrées, allant de la tonique à la dominante ou à la sous-dominante et revenant naturellement à la tonique. » Il excelle surtout dans la romance, et a fourni à la sentimentalité éplorée de ses contemporains une ample pâture; nul mieux que lui ne connaît les pleurnicheries du chromatisme et les effusions ramassées sur les sensibles. Ses duos, écrits pour Elleviou et Martin, faisaient fureur. Dalayrac fut le musicien de salon pendant la Révolution le Consulat et l'Empire. Le duo de la leçon de lecture de Sargines, le duo du souterrain de Camille, le « quand le bien-aimé reviendra » de Nina, et tant d'autres romances d' Azérmia et de Raoul jouirent d'une étonnante popularité.

A dire vrai, ses ouvrages s'esquissent plus qu'ils ne se dessinent. Non seulement Dalayrac n'insisie pas, mais encore sa plume semble prendre à peine le temps de se poser sur le papier. Il saisit son bien partout où il le trouve, utilisant dans l'ouverture d'Azémia le fameux « Air des sauvages » de Rameau, mêlant, dans Vert-Vert, la prose de Pâques « O Tilli » avec une chanson à boire, histoire de symboliser à sa façon le poème de Cresset, mélange de sacré et de profane. Il aime beaucoup, du reste, cette sorte de plaisanterie musicale, et, dans Renaud d'Ast, l'entrée du principal personnage s'effectue, pendant une nuit d'orage, sur l'air : « Il pleut, il pleut, bergère ».

Notons ici que la romance de Renaud d'Ast : « Vous qui d'amoureuse aventure,  » est devenue le chant patriotique : Veillons au salut de l'Empire, » et que l'air de Céphise dans la même pièce : « Comment goûter quelque repos, » s'est transformé en cantique.

Si les ensembles de Dalayrac laissent un peu à désirer, son orchestre n'est point écrit sans habileté et surpasse souvent celui de Gréiry. Enfin, l'auteur de Camille possède à un haut degré le sentiment dramatique et l'instinct du théâtre.

 

Jean-Marc Warszawski
2002
Révision 7 novembre 2009
Révision 8 mai 2013 (miroir de page, refonte de l'iconographie, ajout du texte de Radiguer...)
25 novembre 2017, révision : miroir de page et iconographie

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