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Christophe de Villiers
Vers 1585 - vers 1650

 

On ne connaît rien de ce personnage, sinon qu'il était barbier à Sens

Écrits relatifs à la musique

Correspondance avec le père Marin Mersenne (vers 1630)

Éditions

Correspondance du père Marin Mersenne. Édition en 11 volumes du CNRS.

Á Mersenne septembre 1633

... Car puisque C sol fa ut d e f g a se touchent et sonnent aux instruments dans les mesmes espaces, pourquoy dira on en C sol fa ut et quelquefoys sol d'autres foys fa et aussi ut, deu que ces troys syllabes ne sont qu'une voix unissonne ? Ne vauldrait il pas mieux pour faciliter les enfans dans l'aprentissage de la musique imiter les instruments, lesquels souls une mesme touche, soit par b mol bécarre ou nature par exemple comprennent les troys syllabes de C sol fa ut ?

Á Mersenne 15 octobre 1633

... J'entonnerais ces notes suivant la 1ère et 2ème eschelle: ut, ré, mi, fa, sol, la mi, et suivant la 3ème, sol, la, mi, ut. ré mi, fa, bécarre, sans chanter fa à tous ces b mols, mais seulement ces mots dans le ton des b mols, c'est à dire comme demy tons en montant, sçavoir le ré et le mi, ainsi que b mol au fa.

 

Système de Solmisation

 

F

fa

ut

 

F

fa

 

E

 

mi

 

E

mi

 

D

la

 

D

 

C

sol

ut

 

C

ut

 

B

fa

mi

 

B

fa

mi

A

mi

la

 

A

la

 

G

sol

 

G

sol

 

F

ut

fa

 

F

fa 

 

Á Mersenne novembre 1633

Je vous envoie la méthode de Mr. Granjan [Maître écrivain à Sens] (...) Elle n'est autre que celle d'Ericus Puteanus et celle qui était en Flandre dès l'an 1547. (...) [un de ses amis] m'a dit que se trouvant un jour en concert à Paris, quelqu'un flamand chantant ut, ré, mi, fa, sol, la sy, o ou ut, il avait trouvé cette méthode commode, n'y ayant de muance. Qui fut cause qu'estay de retour à Sens, il enseigna ses escholies tellement qu'en ce pays on ne chante plus autrement. (...) à cette méthode il a adjouté la mesure qu'il bat à quatre, ce qui n'est pas nouveau, puisqu'il me semble l'avoir leu en quelqu'un de vos livres que les Grecs faisaiant de mesme (...) A cette invention (...) il en a adjouté et pratiqué une autre depuis troys ans (...) où tout les b mol se chante par  en disant au lieu de mi  fa comme s'ensuit fe, sol, la, fa mi, ut, ré, mi, fa

 

f

ut

 

fa

e

 

 

 

d

la

 

re

c

sol

 

ut

b

fa

 

mi

a

mi

 

la

g

re

 

sol

f

ut

 

fa

 

b mol

 

 

 

Pour ce qui est des notes de la chromatique, ledit sieur Granjan suivant beaucoup d'autres, les représentent toutes par la mi, en sorte qu'à la diatonique où se rencontrent des diesis, il y chante mi. Mais pour mon égard (...) je les chanterais en demy ton suivant le nom ordinaire employé pour les notes. (...)

Pour l'enharmonique, j'estime qu'il est trop difficile de trouver tant de notes si vous ne les composez de syllabes toutes diverses aux ordinaires (...) il faudrait 10 lignes pour bien représenter la chromatique, et encore plus à l'enharmonique, car se rencontreraient souvent confusion en chantant sur une mesme ligne deux notes dissemblables avec ce qu'il faudrait beaucoub de diesis, et pour dire en un mot, autant que de notes chromatiques.

Á Mersenne août 1634

De Villiers propose à Mersenne de Personnaliser la notation musicale. Peut être est-ce là un écho au désire du père de trouver un autre moyen de noter la musique qui n'oblige pas à passer par les éditeurs ayant privilège et monopole, comme Ballard à Paris.

... Par exemple la figure de mars  ne nous servirait elle pas bien à un air qui ne parlerait que de

bataille. La grosseur des notes indiquerait le temps. Venus  Chanson amoureuse,  Grandeur et gravité. La lune  ne montrerait elle pas l'inconstance des choses ? L'on pourrait plus brêvement faire de nouvelles figures, desquelles on pourrait donner le pouvoir de représenter les affections qu'on voudrait, comme le trèfle à l'amour, puisqu'en jouant aux cartes on le nomme l'amour . Cette figure de javelot pour la guerre, le dé carré les choses stables, la boule  l'instabilité, légèreté le monde et aussy des autres. Mais la mort serait représentée par  teste de mort... Vous pouvez en faire de toutes nouvelles... Ceci dépend de l'inspiration :

Que si tant cela semblait difficile de premier abord, je pense pourtant qu'on s'en accomoderait aussi bien que l'on se sert des sept premières lettres de l'alphabet pour toute tablature et ne crois pas qu'un g, a, etc. soient plus aysez à estre faits en charactère pour l'impression que
etc.

Á Mersenne 25 janvier 1635

Depuis mes dernières que j'ay un peu manier le clavier de l'épinette et parcouru votre traitez sur la musique, j'ay estimé que comme on pourrait abréger la gamme pour les apprentis et la réduire sans muance à C ut, d ré, e mi, b fa, g sol, a la, b ij, et bécarre mi ut... je croirais qu'il ne serait non plus nécessaire d'admettre tant de molilitez, mais seulement toutes stabilitez pour une grande facilité avec une seule molilitez qui serait au b mol, de sorte que C ut ré mi fa sol bécarre mi ut seraient des chordes toujours stables, ayants le mesme procédé d'intervales en mon tant plus haut que l'octave ou descendant plus bas... J'adjouterais à ce dessus encor volontiers un doute (afin que l'ignorance parcoure presque toute la musique), sçavoir si on pourrait point adjouter un mode authentique pour le b mol harmoniquement aussi bien que celle C f fa ut celle cy en C ut et l'autre du b mol en f fa, sans y avoir gueres de différence sinon de la transposition susdite du demy ton en la quinte et du ton mineur au majeur et au contraire en la quarte. Ce qui pourtant doit apporter une grande différence de musique en l'une et l'autre octave. Vous y prendrez garde et au fondement qui est que le b mol est autant diatonique que le bécarre et conséquemment qu'il doit avoir en mode principal et en latéral suivant les sept voix ou notes de b mol et du bécarre susdits. Quant à la chorde du bécarre, je ne pense pas qu'elle doive estre frustrée non plus de son mode... Or ce mode sera nullement plagal ou irrégulier, puisqu'il a la quarte pour fondement hors de son lieu naturel et que si on le veult rendre authentique ou régulier comme les autres, faudrait une feinte dièse ou bécarre en la place f fa. Car ainsi la quinte aurait sa place naturelle et pareillement la quarte, mais ce ne serait que par emprunt...

Dans cette lettre, De Villiers propose encore de symboliser les intervalles: (par exemple, tierce mineure: 3, tierce majeure: 5 ou V, sexte mineure: 6, sexte majeure : VI etc.)

Á Mersenne 25 février 1635

Modes du  ancien où les collatéraux ne sont pas adjointez

 

 

 

 

 

 

mi

A

la

 

 

 

 

 

la

G

sol

 

 

 

sol

sol

sol

F

fa

 

 

fa

fa

fa

#fa

E

mi

 

mi

mi

mi

mi

mi

D

re

re

re

re

re

re

re

C

ut

ut

ut

ut

ut

ut

ut

mi

mi

mi

mi

mi

mi

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A

la

la

la

la

la

la

 

G

sol

sol

sol

sol

sol

 

 

F

fa

la

fa

fa

 

 

 

E

mi

mi

mi

 

 

 

 

et

re

re

 

 

 

 

 

c

ut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

a

 

la

mi

 

 

 

 

g

sol

sol

la

 

 

 

 

f

fa

fa

sol

 

 

 

 

e

mi

mi

fa

 

 

 

 

d

re

re

mi

 

 

 

 

c

ut

 

 

 

 

 

 

Ces modes de  sont une quinte plus haute que ceux du b transposez, et peuvent estre plus bas d'une quinte qu'iceux, comme il parait à C ut le plus bas que j'ay laissé imparfait, acrainte de confusion. Ce qui se fait tout aux contraire aux modes de b mol transposez, qui peuvent estre aussy dessus ceux dits et dessoubs d'une quarte et quinte.

Modes de b mol transposez qui ne sont en effet que les mesmes du bécarre ayant les mesmes intervalles, puis qu'on y peut dire au lieu de sol la bei ut etc. ut rei mi fa sol.

s

 

 

 

 

 

 

 

a

 

 

 

 

 

 

 

g

 

 

 

 

 

 

 

f

 

 

 

 

 

 

 

e

 

 

 

 

 

 

mi

d

 

 

 

 

 

re

re

c

 

 

 

 

ut

ut

ut

b

 

 

 

bei

bei

bei

#bei

a

 

 

la

la

la

la

la

g

 

sol

sol

sol

sol

sol

sol

f

fa

fa

fa

fa

fa

fa

fa

e

mi

mi

mi

mi

mi

mi

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d

re

re

re

re

re

re

 

c

ut

ut

ut

ut

ut

 

 

b

bei

bei

bei

bei

 

 

 

a

la

la

la

 

 

 

 

g

sol

sol

 

 

 

 

 

f

fa

 

 

 

 

 

 

e

 

 

 

 

 

 

 

d

 

 

 

 

 

 

 

c

 

 

 

 

 

 

 

Après une remarque du père Mersenne, De Villiers corrige et reprend sa démonstration :

Prenez y garde, tous ces modes susdits qui sont par transposition au b mol, sont du bécarre. Mais je les ay mis au b mol dites vous. J'advoue et y a faute par accident. Je pensais faire par cette transposition que tous ces modes du b mol fussent de suitte... Voyez la table suivante. Je crois que il n'y aura point de faute; ma conception première y est entièrement dépeinte:

b

 

 

 

 

 

 

bei

a

 

 

 

 

 

la

la

g

 

 

 

 

sol

sol

sol

f

 

 

 

fa

fa

fa

fa

e

 

 

mi

mi

mi

mi

mi

d

 

re

re

re

re

re

re

c

ut

ut

ut

ut

ut

ut

ut

b

bei

bei

bei

bei

bei

bei

bei

a

la

la

la

la

la

la

 

g

sol

sol

sol

sol

sol

 

 

f

fa

fa

fa

fa

 

 

 

e

mi

mi

mi

 

 

 

 

d

re

re

 

 

 

 

 

c

ut

 

 

 

 

 

 

Cette suite de modes du b mol vous doit faire voir comme la musique du b mol a esté cachée par le passé et comme les modes doivent prendre de la collocation du demi ton au bécarre et au bémol...

Á Mersenne mars 1635

Mersenne remarque que ce sont les mêmes modes: bei-la sonne comme mi-fa. De Villiers lui répond que les changements de place de ½ ton ne reproduisent que les mêmes tons.

Mais il semble que ce soit toujours la même chose représentée d'une autre façon parce que les deux demi-tons de l'octave observent la même distance en l'un et en l'autre, quoique ce soit d'une autre manière qui peut se réduire à un même ordre d'intervalles. Sinon que partout présumé (...) les tons majeurs ou mineurs y sont disposez tout au contraire. Ce qui doit faire assez de distinction en ces modes au cas de cette diversité de tons majeurs et mineurs soit assez suffisante pour constituer de nouveaux modes.

On ne peut sans oster la difficulté de chanter, oster l'ordre de ces deux demi-tons (...) Ce qui est cause qu'on ne peut aysement trouver d'autres modes diatoniques qui ne reviennent quasi à la même chose si on les tourne de tous les costez. Et c'est de là que le  et le b ne sont qu'une mesme chose en efect suivant qu'on les ptattique.

Á Mersenne le 25 mars 1635

Je vous accordés en mes précédentes que les modes transposez un quinte plus bas ou une quarte plus haut forment les modes prétenduz du b mol, puisque les intervalles sont pareils. Aussy vous dis-je maintenant le mesme, vous recognoissant que les signes de  et de b mol ne sont que pour les yeux, quand ils sont transposez l'un en l'autre par le moyen de leurs clefz ou de leurs quintes et quartes; et pour ainsy ces deux signes sont du tout inutiles n'estant toutes les transpositions qu'une mesme musique, seullement distincte par tons plus graves ou plus aigus d'une quinte ou d'une quarte.

fa

fa

mi

mi

re

re

ut

ut

mi

bei

la

la

sol

sol

fa

fa

b

Il n'y a que faite du b mol (...) on peut chanter toutes les musiques et tous les modes par  (...) Et serait il bien possible qu'il n'y ait qu'un genre de musique et que la musique du b mol n'eust que le nom (...)

Á Mersenne 10 juin 1635

(...) quoyque d'autre part il me semblerait qu'on pourrait aysement accommoder à ces lettres les valeurs et les octaves en hait et en bas, pourveu que les sept notes feussent toutes diverses et qu'il n'y eust deux mi ou deux fa en octaves (...) Je pense que ne se trouverait tant de difficultés, car chaque octave aurait sa diversité. Par exemple: faites que les deux octaves susdites soient jointes et facent une quinzième ut re mi fa sol mi bu ce di ga la ma b pi ut, vos n'aurez que faire de signes pour démontrer les notes hautes ou basses, pourveu qu'elles ayent divers consones (...) Si vous vouliez pourtant vous servir des sept notes u,r,m,f,s,l,n pour montrer l'octave, ne faudroit qu'adjouter un point dessus (...) et ferait l'octave d'en haut, ou au dessous (...) et ferait l'octave du bas. La grandeur des lettres suffirait pour expliques les mesures (...)

À Mersenne juin 1635

Puisqu'il est permis à tous d'inventer (...)

 

Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995-2006
Remise en page 11 février 2011

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