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Bizet Georges
1838-1875

catalogue des oeuvres || bibliographie || discographie || documents ||

Né le 25 octobre 1838 à Paris — mort le 3 juin 1875 à Bougival. De son vrai nom Alexandre César Léopold.

Son père, Adolphe-Armand Bizet (1810-1886), d'abord installé comme coiffeur et pérruquier, était au moment de son mariage en 1837 professeur de chantt ; compositeur, il a édité quelques musiques.

Sa mère, Aimée Delsarte (1815-1861), originaire de Cambrai, est pianiste. Son oncle est un célèbre professeur de chant à Paris, spécialiste de Gluck et d'un classicisme passant de mode. C'est sa mère qui lui apprend à lire la musique, et lui enseigne peut être les premiers rudiments de piano.

En 1848, il est inscrit au Conservatoire dans la classe de piano de Marmontel, et prend des cours privés avec Pierre Zimmermann, le prédécesseur de Marmontel. Au bout de six mois il obtient le premier prix de solfège.

En 1851 il obtient un second prix de piano et un premier prix en 1852. Il est un pianiste brillant et un lecteur à vue exceptionnel.


Bizet par Étienne Carjat
{BnF

En 1852 il entre dans la classe d'orgue de Benoist. En 1853 il entre dans la classe de composition de Fromental Halévy. Il obtient en 1854 un second prix d'orgue et de fugue, puis un premier prix en 1855.

Il reçoit les conseils de Gounod qu'il a certainement connu par Zimmermann.

1854, Nocturne pour piano ; Grande Valse de concert. 1855, Symphonie en ut. En 1856, son opérette Le Docteur miracle (livret imposé) obtient le premier prix ex æquo avec l'oeuvre présentée par Lecocq à un concours organisé par Offenbach pour les Bouffes Parisiennes.

En juillet 1857, avec sa cantate Clovis et Clotilde il remporte le Prix de Rome et passe alors trois années à la Villa Médicis.

En 1860, il reçoit une commande de l'Opéra Comique de Paris. Il écrit puis détruit la Guzla de l’émir, sur un livret de Barbier et Carré, laisse inachevé un Ivan le Terrible et crée en 1863 au Théâtre-Lyrique dirigé apr Léon Carvalho les Pêcheurs de perles sur un livret de Carré et Cormon, qui obtient une critique positive de Berlioz dans le Journal des Débats.

Il fait des transcriptions pour piano d'oeuvres lyriques à la mode pour le compte des éditeurs Choudens et Heugel.

En 1866, il publie chez Heugel la chasse fantastique, pour piano. La même année, toujours pour le Théâtre-Lyrique, il compose l'opéra la Jolie Fille de Perth, sur un mauvais livret de Vernoy de Saint-Georges et J. Adenis, d’après un roman de Walter Scott.


Bizet par Meyer.
«
Diogène», 28 septembre1867{BnF

En 1869, il se marie avec Geneviève Halévy. Il achève Noé, un opéra de Fromental Halévy (décédé en 1862). Esquisse un Vercingétorix, Griselidis avant les événements de 1870. Il s'engage alors dans la Garde Nationale, part pour Libourne, puis revient au Vésinet auprès de son père. Après l'écrasement du peuple parisien par les troupes du gouvernement Thiers, il rentre à Paris.

Il compose Djamileh pour l'Opéra-Comique, et deux versions (piano et orchestre) de Jeux d’enfants pour Durand. Il reçoit une nouvelle commande de l'Opéra-Comique, Carmen, d'après Mérimée sur un Livret de Meilhac et Halévy. De Carvalho passé au Théâtre du Vaudeville lui commande une musique de scène pour l'Arlésienne de Daudet.

Le 10 juillet 1871, naissance de Jacque, son fils.


Gali Marié (créatrice du rôle titre)
et Mlle Ducasse dans Carmen

L'Arlésienne est créée le premier octobre 1872 et doit être retirée de l'affiche après 20 représentations. Bizet retravaille aussitôt cette musique selon les recettes éprouvées : une suite d'orchestre et une réduction pour piano à quatre mains. Donnée aux concerts Pasdeloup en novembre 1872, la suite est un cuccès. Dans la foulée pour les concerts de l'orchestre Pasdeloup au cirque d'Hiver, il compose Patrie, autre succès immédiat. Après avoir esquissé un Cid, il s'installe à 1875 à Bougival pour terminer l'orchestration de Carmen qui est créée le 2 mars. Il meurt d'une crise cardiaque dans la nuit du 2 au 3 juin


La maison de Bizet à Bougival

Catalogue des oeuvres

Catalogue des oeuvres pour piano établit par Jean-Sébastien Thomas (fichier PDF) : http://discorem.free.fr/bizet.pdf

Les opéras et musiques de scène : http://opera.stanford.edu/Bizet/

Bibliographie

  • Les Pêcheurs de perles, livret
  • BAKER E., The Scene Designs for the First Performance of Bizet's Carmen. Dans « 19th Century Music » (13) 1990, p. 230-242
  • BEARDSLEY T., The Spanish Musical Sources of Bizet's Carmen. Dans « Inter-American Music Review» (10,2) 1988-1989, p. 143-146
  • BELLAIGUE C., Georges Bizet: sa vie et ses oeuvres. Paris 1890
  • BRUK M., Bize. Moscou, 1938
  • CARDOZE M., Georges Bizet. Paris 1982
  • CHANGEUR J.-P., Six articles sur Ivan IV. Dans «La vie bordelaise» (12 octobre-16 novembre 1951)
  • CHANTAVOINE J., Quelques inédits de Georges Bizet. Dans «Le ménestrel» (4 août-22 septembre 1933)
  • COOPER B., Bizet: Carmen. London 1947
  • COOPER C., Bizet : Carmen. London 1947
  • COOPER M., Georges Bizet. London, 1938 [Dans H. J. Foss (éd.), The Heritage of Music (3), London 1951, p. 108-123]
  • CORAPI G., Bizet: l'ansia et la svolta. Dans «Musica0187 (20) 1988, p. 25-60
  • CURTISS M. S. K., Bizet and his World. New York 1958 ; Westport (Con) 1977
  • —, Bizet, Offenbach and Rossini. Dans «Musical Quarterly» (40) 1954, p. 350-359
  • —, Unpublished Letters by Georges Bizet. Dans «Musical Quartterly» (36) 1950, p. 375-409
  • DAFFNER H. (éd.), Friedrich Nietzsches Randglossen zu Bizets Carmen. Regensburg 1938 (1912)
  • DEAN W. Bizet. London 1975 (1948, 1965)
  • —, Bizet : Collana autori ed opere. Turin 1980
  • —, An Unfinished Opera by Bizet [La Coupe du roi de Thulée]. Dans «Music and Letters» (28) 1947, p. 347-363
  • —, Bizet’s Ivan IV. Dans H. Van Tha (éd.), « Fanfare for Ernest Newman », London 1955, p. 58-85 [Dans Essays on Opera Oxford 1990, p. 262-280]
  • —, Bizet’s Self-Borrowings. Dans «Music and Letters» (51) 1960, p. 238-344
  • —, Carmen. London, 1949
  • —, Introduction to the Music of Bizet. London 1950
  • —, The Corruption of Carmen : the Perils of Pseudomusicology. Dans « Musical Newsletter » (3, 4) 7-12 octobre 1973, p. 20
  • —, The True Carmen. Dans «Musical Times» (106) 1965, p. 846-855 [Dans Essays on Opera. Oxford 1990, p. 281-300]
  • DELMAS M., Georges Bizet. Paris 1930
  • EXPOSITION Georges Bizet au Théâtre national de l’Opéra, Catalogue illustré. Paris 1938
  • FORNARI F, Carmen adorata: psicoanalisi della donna demoniaca. Milan 1985
  • GALABERT E., (éd.), Bizet G., Lettres à un ami, 1865-1872. Paris 1909
  • —, Georges Bizet : souvenirs et correspondance. Paris 1877
  • GANDERAX L. (éd), Lettres de Georges Bizet : Impressions de Rome, 185-1860; La Commune, 1871. Paris 1907
  • GATTI G. M., Giorgio Bizet. Turin 1914
  • GAUDIER C., Carmen de Bizet. Paris 1922
  • GAUTHIER-VILLARS H., Bizet. Paris 1911
  • GIRARD W. E., A Performing Version of Georges Bizet’s Carmen (thèse). University of Texas 1989
  • GLAYMAN C. (éd), Georges Bizet : Lettres (1850–1875). Paris 1989
  • GOULD E., The Fate of Carmen. Baltimore 1996
  • GOUNOD, BIZET, correspondance. Dans « Revue de Paris » (6) 1899, p. 677-703
  • HÜHNE F., Die Oper Carmen als ein Typus musikalischer Poetik. Greifswald 1915
  • IMBERT H., Georges Bizet. Paris 1899
  • —, Portraits et études: lettres inédites de Georges Bizet. Paris 1894
  • IMSAN D., Carmen: Charakter-Entwicklung für die Bühne. Darmstadt 1917
  • Istel E., Bizet und Carmen. Stuttgart 1927
  • JOHN N. (éd.), George Bizet : Carmen. London, New York 1982
  • KAINDL K., Stimme und Gestalt in der Opernübersetzung: am Beispiel Carmen von G. Bizet. Dans « TEXTconTEXT » (6) 1991, p. 227-250
  • KLEIN J., Georges Bizet’s Tragic Son. Dans «Music and Letters» (49) 1968, p. 357-366
  • —, Reflections on Bizet's Djamileh. Dans  « Music Review » (35) 1974, p. 293-300
  • —, The Centenary of Bizet's L'Arlésienne. Dans «Music ans Letters» (53) 1972, p. 363-368
  • KOERTH M., Felsenstein inszeniert Carmen. Berlin 1973
  • L’AVANT-SCENE OPÉRA (26) 1980, consacré à Carmen
  • L’AVANT-SCENE OPÉRA (124) 1989, consacré aux Pêcheurs de perles
  • LACOMBE HERVÉ, Les voies de l’opéra français au XIXe siècle. Paris1997
  • L’AVANT-SCENE OPÉRA, Georges Bizet, Les pêcheurs de perles : dossier de presse parisienne (1863). Heilbronn, vers 1996
  • L’AVANT-SCENE OPÉRA, Georges Bizet. Musique, Paris, Fayard, novembre 2000 [800 p., ISBN : 221360794X, 198,00 F.]
  • LANDORMY P., Bizet. Paris 1950 (1924)
  • LAPARRA R., Bizet et l’Espagne. Paris 1935
  • LEUKEL J., Puccini et Bizet. Dans « Revue musicale de Suisse romande » (35,2) 1982, p. 61-66
  • LOCKE R. P., The French Symphony: David, Gounod, and Bizet to Saint-Saëns, Franck, and their Followers. Dans D. K. LUCK A., An Analysis of Three Variation Sets for Piano by Bizet, d'Indy and Pierné (thèse). University of Indiana 1978
  • MAINGUENEAU D., Carmen, les racines d’un mythe. Paris 1984
  • MALHERBE H., Carmen. Paris 1951
  • Mastrigli L., Giorgio Bizet: la sua vita e le sue opere. Roma 1888
  • MCCLARY S. (éd), Georges Bizet, Carmen. Cambridge 1992
  • MULLER M., L'œuvre pianistique originale de Georges Bizet (thèse). Université de Neuchâte, 1976
  • NÉMETH A., George Bizet elete es müvei [Bizet : sa vie et son oeuvre]. Budapest 1976
  • OKSANEN S., Oopperakäännösten ongelmia: Esimerkkinä Bizet'n Carmen. Dans « Synteesi » ( xii/2) 1993, p. 59-68
  • PARKER D. C., Georges Bizet. London 1951 (1926)
  • PHILLIPS H. E., The Carmen Chronicle: the Making of an Opera. New York 1973
  • PIGOT C., Georges Bizet et son oeuvre. Paris 1911 (1886)
  • PINTORNO G., Georges Bizet: la vita e la produzione teatrale (thèse). Universitaria di Parma 1975-1976
  • POUPET M., A propos de la mort de Bizet: une lettre inédite de Célestine Galli-Marié. Dans «Revue de Musicologie» (63) 1977, p. 148-153
  • —, Poupet M., Gounod et Bizet. Dans «Cahiers Ivan Tourgéniev, Pauline Viardot et Maria Malibran» (12) 1988, p. 113-130
  • —, Le rétablissement de la partition originale des Pêcheurs de perles de Georges Bizet. Paris 1976
  • —, Les infidélités des Pêcheurs de perles. Dans «Revue de Musicologie» (51) 1965, p. 170-200
  • RABE J., Georges Bizet. Uppsala 1925
  • RECKOW F., Cette musique est méchante, rusée, fataliste ! Un défi lancé a l'exégèse de Carmen de Bizet. Dans «Les ecrivains français et l’opéra». Cologne 1986, p. 197–214
  • RENAUDIN A., Georges Bizet et ses parents, en cinq énigmes. Yvetot 1975
  • Robert F., Georges Bizet : l’homme et son oeuvre. Paris 1965 ; 1981
  • ROY J., Bizet. Paris 1983
  • SCHWANDT C., Georges Bizet: mit Selbstzeugnissen und Bilddokumenten dargestellt. Reinbek 1991
  • SERVIERES G., Georges Bizet d’après les souvenirs de Pierre Berton. Dans « Guide musical »  8-22 mars 1914
  • SHANET H., Bizet’s Suppressed Symphony. Dans «Musical Quarterly» (44) 1958, p. 461-476
  • STEFAN-GRUENFELDT P., Georges Bizet. Zürich 1952
  • STRICKER R., Georges Bizet. Paris 1999
  • TIERSOT JEAN, Bizet and Spanish Music. Dans «usical Quarterly» (13) 1927, p. 566-581
  • VOSS P., Georges Bizet. Leipzig 1899
  • WEILAND J., Untergetaucht im Reich des Vergessens: Das Te Deum von Georges Bizet. Dans « Neue Zeitschrift für Musik » (149) 1988, p. 3-7
  • WEISSMANN A., Bizet. Berlin 1907
  • WESTRUP J., Bizet’s La Jolie Fille de Perth. Dans J. Westrup (éd.), « Essays Presented to Egon Wellesz », Oxford 1966, p. 157-170
  • WILDER V., hommage funèbre. Le ménestrel 4, 11, 18 juillet 1875
  • WRIGHT L. A. (éd.), Georges Bizet : Letters in the Nydahl Collection. Stockholm 1988
  • —, Bizet Before Carmen (Thèse). Princeton University 1981
  • —, A New Source for Carmen. Dans « 19th Century Music » (2) 1978-1979), p. 61-69
  • —, Bias, Influence and Bizet's Prix de Rome. « 19th Century Music » (15) 1992, p. 215-228
  • —, Gounod and Bizet: a Study in Musical Paternity. Dans « Journal of Musicological Research » (13) 1993, p. 31-48
  • —, Les pêcheurs de perles : Before the Première. Dans « Studies in Music » (20) 1986, p. 27-45

Discographie

Georges Bizet
Mélodies
Yvi Jänicke, mezzo
Thomas Hans, Piano
ORFEO C 309 931 A, 1993
1. Tarentelle ; 2. Ma vie a son secret ; 3. Guitare ; 4. Pastel ; 5. La coccinelle ; 6. Rose d'amour ; 7. Ouvre ton oeur ; 8. Reve de la bien-aimee ; 9. A une ffleur ; 10. Si vous aimez ; 11. Pastorale ; 12. Vieille chanson ; 13. L'Esprit saint ; 14. Chanson d'Avril ; 15. Adieux de l'hotesse arabe ; 16. Absence ; 17. Douce mer ; 18. L'abandonnee ; 19. Vous ne priez pas ; 20. Chant d'amour

L'Arlésienne
Texte d'Alphonse Daudet
Partition originale de 1872
Orchestre du Festival Tibor Varga
Choeur Novantiqua
Bernard Héritier dir
Siques GALLO 808 809
ADD, 2 volumes

 

Bizet
Les Pêcheurs de perles
Opéra en trois actes, sur un Livret de Michel Carré et Eugène Cormon
Orchestre des concerts Lamoureux
Choeurs Elisabeth Brasseur
Jean Fournet dir.
Léïla, Pierette alarie ; Nadir, Léopold Simoneau ;Zurga, René Bianco ;
Nourabad, Xavier Depraz
Enregistré en 1954. Philips 434 782, ADD, 2 volumes.
Disque 1 : Prelude ; Sur la greve en feu ; Amis, interrompez vos danses ;Demeure parmi nous, Nadir ;C'est toi. toi qu'enfin je revois ;Au fond du temple saint ;Que vois-je ? ;Sois la bienvenue ; Seule au milieu de nous ... Brahma, divin Brahma ! ; A cette voix ; Je crois entendre encora ; Le ciel est bleu  ; O Dieu Brahma . Disque 2 : L'ombre descend des cieux ; Me voila seule dans la nuit ... comme autrefois ; De mon amie fleur endormie ; Leila! Leila! Dieu puissant ; Ah! revenez a la raison ; L'orage s'est calme ; Qu'ai-je vu ? (O ciel! quel trouble) ; Je fremis, je chancelle ; Entends au loin ce bruit de tete ; Des que le soleil ; Sombres divinites ; O lumiere sainte  ; Finale, Ce sont eux, les voici.

Bizet
Carmen (suite)
L'Arlésienne (suite)
Patrie (ouverture)
Orchestre de la Suisse romande
Ernest Ansermet dir.
DECCA 433 722
Carmen (suite) : 01 Prélude acte 1 ; 02 Prélude acte 4 (aragonaise) ; 03 Prélude acte 3 (intermezzo) ; 04 Prélude acte 2 (les dragons d'Alcala) ; 05 Scène des contrebandiers (acte 3) ; 06 Habanera (acte 1) ; 07 Nocturne (acte 3) ; 08 La Garde Montante (acte 1) ; 09 Danse bohèmienne (acte 2). L'Arlésienne (suite) : 10 Préluse ; 11 Minuetto ; 12 Adagietto ; 13 Carillon ; 14 Pastorale ; 15 INtermezzo ; 16 Minuet ; 17 Farandole ; 18 Patrie

Bizet
Symphonie en do majeur
Jeux d'enfants
La Jolie fille de Perth (suite)
[avec : Ravel : Le tombeau de Couperin]
Orchestre de la Suisse romande
Ernest Ansermet dir.
DECCA 433 721
Symphonie en do majeur (Allegro vivo, Adagio, Allegro vivace, Allegro vivace). Jeux d'enfants : (Marche (trompette et tambour), Berceuse (la poupée), Impromptu (la toupie), Duo (Petit mari, petite femme), Galop (le bal). La jolie fille de Perth (suite) :  Prélude, Sérénade, Marche, Danse bohémienne. Maurice Ravel (1875-1937), Le tombeau de Couperin : Prélude, Forlane, Menuet, Rigaudon 

La jolie Fille de Perth
Opéra en 4 actes
Livret de J. H. Vernoy de Saint-Georges et J. Adenis
Version établie par Pierre Jourdan d'après les trois versions de Bizet
Direction musicale : Jérôme Pillement
Direction artistique : Pierre Jourdan
Orchestre de chambre de l'Opéra d'État hongrois Failoni
Choeurs Cori Spezzati (Olivier Opdebeeck dir.)
Inva Mula, Charles Workman, Jean-François Lapointe, Sonia de Beaufort, Armand Arapian, Christian Treguier, Paul Kirby, Florian Westphal
Théâtre Français de la Musique, Théâtre Impérial de Compiègne, Enregistré en 1998. 2 volumes.
Disque 1 :  1. Prélude ;  2. Acte 1 - Que notre enclume ;  3. Enfin me voilà seul ;  4. Catherine est coquette ;  5. On frappe ;  6. Vive l'hiver ; Ces Plaisirs là ;  7. Deux mots encore ;     C'est dans cette maison ;  8. De ce beau seigneur ;  9. Que fait ici cette inconnue ; 10. Vous voudrez bien je pense ; 11. Acte 2 - Bons citoyens ; 12. A ce joyeux signal ; 13. Gais compagnons ; 14. Tout boit, amis ; 15. Sans crainte ; 16. Danse bohémienne ; 17. Je donne en mon palais ; 18. Les seigneurs de la cour ; 19. Tu seras mon bon ange ; 20. A la voix d'un amant fidèle. Disque 2 : 1. Acte 2 - Quand la flamme de l'amour ; 2. Eh, camarade ;  3. Acte 3 - Introduction, Je fais cent pièces d'or  ;   4. Tenez depuis hier  ;  5. Et tenez... écoutez ;  6. Nous voilà seuls ;  7. c'est donc ici ;  8. Nuit d'amour ; 9. Acte 4 - Smith tu nous connais bien ; 10. Ils verront si je mens ; 11. O ciel ! ; 12. Aux premiers rayons du matin ; 13. Catherine Glover ; 14. Ah ! Echo, viens ; 15. Le jour de la Saint-Valentin ; 16. Ah, Bonjour ma belle Valentine.

Georges Bizet
Intégrale de l'oeuvre pour piano
Setrak
Enregistré en 1984
Harmonia Mundi
HMA 1905223-24
DDD, 1996
2 volumes
Disque 1 : 1. 1er Nocturne en fa ;  2. Variations chromatiques ;  3. 1er Caprice en do # ;  4. 2e Caprice en do ;  5. La Chasse fantastique ;  6. Romance sans paroles ;  7. Theme "Brillant" ;  8. Valse en do ;  9. Trois Esquisses musicles : Ronde turque, Serenade, Caprice. Disque 2 : 1. Grande valse de concert ; 2. Marine ;  3. Nocturne en ré ; 4. Magasin des familles (Romance sans paroles, Casilda,  Méditation religieuse ) ; 5. Les Chants du Rhin (L'Aurore, Le Départ, Les Rêves, La Bohémienne, Confidences, Le Retour) ; 6. Quatre préludes

Bizet
Chants du Rhin
[avec Fauré : 6 nocturnes]
Jean-Marc Luisada, piano
RCA 74321
Chants du Rhin : 01 L'Aurore, 02 Le départ, 03 Les Rêves, 04 La Bohémienne, 05 Les Confidences, 06 Le Retour. Fauré, nocturnes : 07 n° 1 en mi bémol mineur, 02 n° 2 en si majeur, 03 n° 6 en ré bémol majeur, 04 n° 7 en do dièse mineur, 05 n° 12 en mi mineur, 06 n° 12 en si mineur 

Documents

Alphone Daudet, L'Arlésienne, Dans « Les lettres de mon moulin », Charpentier, Paris, 1890

Pour aller au village, en descendant de mon moulin, on passe devant un mas bâti près de la route au fond d'une grande cour plantée de micocouliers. C'est la vraie maison du ménager de Provence, avec ses tuiles rouges, sa large façade brune irrégulièrement percée, puis tout en haut la girouette du grenier, la poulie pour hisser les meules, et quelques touffes de foin brun qui dépassent...

Pourquoi cette maison m'avait-elle frappé? Pourquoi ce portail fermé me serrait-il le coeur? Je n'aurais pas pu le dire, et pourtant ce logis me faisait froid. Il y avait trop de silence autour... Quand on passait, les chiens n'aboyaient pas, les pintades s'enfuyaient sans crier... A l'intérieur, pas une voix! Rien, pas même un grelot de mule... Sans les rideaux blancs des fenêtres et la fumée qui montait des toits, on aurait cru l'endoit inhabité.

Hier, sur le coup de midi, je revenais du village, et, pour éviter le soleil, je longeais les murs de la ferme, dans l'ombre des micocouliers... Sur la route, devant le mas, des valets silencieux achevaient de charger une charrette de foin... Le portail était resté ouvert. Je jetai un regard en passant, et je vis, au fond de la cour, accoudé, &mdash la tête dans ses mains, — sur une large table de pierre, un grand vieux tout blanc, avec une veste trop courte et des culottes en lambeaux... Je m'arrêtai. Un des hommes me dit tout bas :

— Chut! c'est le maître... Il est comme ça depuis le malheur de son fils.

À ce moment une femme et un petit garçon, vêtus de noir, passèrent près de nous avec de gros paroissiens dorés, et entrèrent à la ferme.

L'homme ajouta :

— ... La maîtresse et Cadet qui reviennent de la messe. Ils y vont tous les jours, depuis que l'enfant s'est tué ... Ah! monsieur, quelle désolation! ... Le père porte encore les habits du mort; on ne peut pas les lui faire quitter... Dia! hue! la bête !

La charrette s'ébranla pour partir. Moi, qui voulais en savoir plus long, je demandai au voiturier de monter à côté de lui, et c'est là-haut, dans le foin, que j'appris toute cette navrante histoire...

Il s'appelait Jan. C'était un admirable paysan de vingt ans, sage comme une fille, solide et le visage overt. Comme il était très beau, les femmes le regardaient; mais lui n'en avait qu'une en tête, — une petite Arlésienne, toute en velours et en dentelles, qu'il avait rencontrée sur la Lice d'Arles, une fois. — Au mas, on ne vit pas d'abord cette liaison avec plaisir. La fille passait pour coquette, et ses parents n'étaient pas du pays. Mais Jan voulait son Arlésienne à toute force. Il disait :

— Je mourrai si on ne me la donne pas.

Il fallut en passer par là. On décida de les marier après la moisson.

Donc, un dimanche soir, dans la cour du mas, la famille achevait de dîner. C'était presque un repas de noces. La fiancée n'y assistait pas, mais on avait bu en son honneur tout le temps... Un homme se présente à la porte, et, d'une voix qui tremble, demande à parler à maître Estève, à lui seul. Estève se lève et sort sur la route.

— Maître, lui dit l'homme, vous allez marier votre enfant à une coquine, qui a été ma maîtresse pendant deux ans. Ce que j'avance, je le prouve: voici des lettres!... Les parents savent tout et me l'avaient promise; mais depuis que votre fils la recherche, ni eux ni la belle ne veulent plus de moi... J'aurais cru pourtant qu'après ça elle ne pouvait pas être la femme d'un autre.

— C'est bien! dit maître Estève quand il eut regardé les lettres; entrez boire un verre de muscat.

L'homme répond :

— Merci! j'ai plus de chagrin que de soif.

Et il s'en va.

Le père rentre, impassible; il reprend sa place à table; et le repas s'achève gaiement...

Ce soir-là, maître Estève et son fils s'en allèrent ensemble dans les champs. Ils restèrent longtemps dehors; quand ils revinrent, la mère les attendait encore.

— Femme, dit le ménager, en lui amenant son fils, embrasse-le! il est bien malheureux...

Jan ne parla plus de l'Arlésienne. Il l'aimait toujours cependant, et même plus que jamais, depuis qu'on la lui avait montrée dans les bras d'un autre. Seulement il était trop fier pour rien dire; c'est ce qui le tua, le pauvre enfant!... Quelquefois il passait des journées entières seul dans un coin, sans bouger. D'autres jours, il se mettait à la terre avec rage et abattait à lui seul le travail de dix journaliers... Le soir venu, il prenait la route d'Arles et marchait devant lui jusqu'à ce qu'il vît monter dans le couchant les clochers grêles de la ville. Alors il revenait. Jamais il n'alla plus loin.

De le voir ainsi, toujours triste et seul, les gens du mas ne savaient plus que faire. On redoutait un malheur... Une fois, à la table, sa mère, en le regardant avec des yeux pleins de larmes, lui dit :

— Eh bien! écoute, Jan, si tu la veux tout de même, nous te la donnerons...

Le père, rouge de honte, baissait la tête...

Jan fit signe que non, et il sortit...

A partir de ce jour, il changea sa façon de vivre, affectant d'être toujours gai, pour rassurer ses parents. On le revit au bal, au cabaret, dans les ferrades. A la vote de Fonvieille, c'est lui qui mena la farandole.

Le père disait: «Il est guéri.» La mère, elle, avait toujours des craintes et plus que jamais surveillait son enfant... Jan couchait avec Cadet, tout près de la magnanerie; la pauvre vieille se fit dresser un lit à côté de leur chambre... Les magnans pouvaient avoir besoin d'elle, dans la nuit.

Vint la fête de saint Eloi, patron de ménagers.

Grande joie au mas... Il y eut du châteauneuf pour tout le monde et du vin cuit comme s'il en pleuvait. Puis des pétards, des feux sur l'aire, des lanternes de couleur plein les micocouliers... Vive saint Eloi! On farandola à mort. Cadet brûla sa blouse neuve... Jan lui-même avait l'air content; il voulut faire danser sa mère; la pauvre femme en pleurait de bonheur.

A minuit, on alla se coucher. Tout le monde avait besoin de dormir... Jan ne dormit pas, lui. Cadet a raconté depuis que toute la nuit il avait sangloté... Ah! je vous réponds qu'il était bien mordu, celui-là...

 

Le lendemain, à l'aube, la mère entendit quelqu'un traverser sa chambre en courant. Elle eut comme un pressentiment :

— Jan, c'est toi ?

Jan ne répond pas; il est déjà dans l'escalier.

Vite, vite la mère se lève :

— Jan, où vas-tu ?

Il monte au grenier; elle monte derrière lui :

— Mon fils, au nom du ciel !

Il ferme la porte et tire le verrou.

— Jan, mon Janet, réponds-moi. Que vas-tu faire ?

A tâtons, de ses vieilles mains qui tremblent, elle cherche le loquet... Une fenêtre qui s'ouvre, le bruit d'un corps sur les dalles de la cour, et c'est tout...

Il s'était dit, le pauvre enfant: «Je l'aime trop... Je m'en vais... » Ah! les misérables coeurs que nous sommes! C'est un peu fort pourtant que le mépris ne puisse pas tuer l'amour!...

Ce matin-là, les gens du village se demandèrent qui pouvait crier ainsi, là-bas, du côté du mas d'Estève...

C'était, dans la cour, devant la table de pierre couverte de rosée et de sang, la mère toute nue qui se lamentait, avec son enfant mort sur ses bras.

 

Jean-Marc Warszawski
Modifié le 18 janvier 2004
Modifié le 30 novembre 2008

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