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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : La musique instrumentale en Italie au temps de Mozart et de Haydn.

La musique instrumentale de Domenico Cimarosa (1749-1801)

En bon Napolitain, ce musicien aux multiples facettes (compositeur, organiste, claveciniste, violoniste et chanteur) s’est avant tout illustré dans le domaine de l’opéra, et l’essentiel de son œuvre est constitué d’opéras-bouffe, de cantates, d’oratorios et de musique religieuse. Grand concurrent de son compatriote Paisiello, il multiplia les succès aux quatre coins de l’Europe. Appelé par Catherine II à Saint-Pétersbourg, il fut, de 1787 à 1791, compositeur de la chambre de l’impératrice et du théâtre impérial, après quoi il passa une année à Vienne comme maître de chapelle de Leopold II. C’est là qu’il composa et créa son Mariage secret, l’œuvre qui allait lui valoir l’immortalité. Rentré à Naples, il y aurait sans doute terminé sa brillante carrière si, en 1799, il n’avait eu l’imprudence d’accueillir le mouvement républicain en composant et dirigeant un hymne patriotique pour la mise à feu du drapeau royal. Cela lui vaudra de connaître la prison, puis un exil à Venise où, selon une rumeur tenace, il mourut empoisonné sur ordre de la reine Caroline de Naples.

« On connaît l’enthousiasme de Stendhal pour l’œuvre de Cimarosa, et on sait aussi combien grande était l’admiration que lui portait Eugène Delacroix. Celui-ci écrira en février 1850 : Personne n’a cette proportion, cette convenance, cette expression, cette gaieté, cette tendresse, et par dessus tout cela […] cette élégance incomparable, élégance dans l’expression des sentiments tendres, élégance dans le bouffon, élégance dans le pathétique modéréNul jugement n’a résumé mieux, peut-être, les caractéristiques de l’œuvre de cet Italien. »1 Des caractéristiques qui valent pour ses ouvertures d’opéras, et en premier lieu pour la plus célèbre, celle du Mariage secret, mais tout autant pour ses œuvres purement instrumentales, hélas trop méconnues. Il est permis en effet de prêter intérêt à ses quelques quatuors (ou divertissements en quatuor) pour flûte et cordes, à son concerto pour deux flûtes, voire à son concerto pour clavier, et surtout à ses quatre-vingt-une sonates pour clavier. « Tour à tour spirituelles, joyeuses, lyriques ou tendres, ce sont de courtes pièces, le plus souvent construites en un seul mouvement. […] On y relèvera, malgré une simplicité apparente, une certaine souplesse élégante dans les tournures et une réelle invention expressive . Cimarosa fait parfois appel à une virtuosité qui rappellera à plus d’un l’art de Domenico Scarlatti, et certaines de ces sonates sont de véritables petits morceaux de bravoure. »2  Mais au fond, « ce qui fait son charme, c’est sa spontanéité ; les idées lui viennent d’instinct, il ne les triture pas, ne les ajuste pas à un cadre préfabriqué. Sonate, après tout, ce n’est qu’un mot figé, quand la musique est vivante. [Car] partout se trahit l’homme de théâtre : on voit des mouvements désordonnés, des scènes de dispute, on entend de vives réparties, des éclats de rire, des lamentations plus ou moins feintes ; tel largo pathétique, on se demande s’il faut le prendre au sérieux ou s’en amuser sous cape. »3

Domenico Cimarosa, Concerto pour 2 flûtes en sol majeur, par Jean-Pierre Rampal et Shigenori Kudo, Mozarteum Salzburg.

 

Domenico Cimarosa, Sonates pour clavier no 27 en si♭majeur, no 26 en sol mineur et no 1 en ut mineur, par Janos Sebestyen (clavecin).

Notes

1. De Place Adélaïde, dans Tranchefort François-René (dir.), « Guide de la musique de piano et de clavecin ». Fayard, Paris 1998, p. 257.

2. Ibid.

3. Sacre Guy, La musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 752-753.

 

 

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Dimanche 7 Avril, 2019 5:40