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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : La musique instrumentale en Italie au temps de Mozart et de Haydn.

Les œuvres instrumentales de Giuseppe Maria Cambini (1746-1825)

Né à Livourne, ce violoniste (et altiste) de talent passe pour avoir été l’élève du Padre Martini en matière de composition, mais des doutes subsistent, là-dessus comme sur d’autres points de sa biographie. Quel crédit, par exemple, accorder aux récits selon lesquels, vers 1766-1767, lors d’une traversée en mer entre Naples et Livourne, il aurait été capturé par des pirates barbaresques avec l’intention de le vendre comme esclave, puis racheté peu après par un riche Espagnol qui lui aurait rendu sa liberté ?

Et est-il bien exact qu’atteint de maladie mentale au soir de sa vie, il aurait achevé son parcours en 1825 à Paris, ou plus précisément à l’asile de Bicêtre, alors que de récents travaux donnent à penser qu’il aurait quitté ce bas monde vers 1818 et non en France, mais aux Pays-Bas ?

Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il s’installa à Paris vers 1770, qu’il se fit entendre au Concert Spirituel et que, plus tard, il adhéra à la cause révolutionnaire en composant des œuvres patriotiques. Il y connut quelques succès avec des ouvrages lyriques, et, plus que tout, « il y devint un spécialiste de la symphonie concertante (il en composa des dizaines) mais aussi de la symphonie, du quatuor à cordes (il en écrivit bien plus que Haydn, pratiquant surtout le genre du quatuor concertant où les quatre instruments sont tour à tour traités en solistes) et de la musique de chambre en général. »1

Son plantureux catalogue de musique instrumentale offre matière à d’intéressantes découvertes. Ses symphonies concertantes sont souvent de la belle ouvrage dans laquelle il sait répondre aux attentes de son public sans sacrifier à la facilité, et ses symphonies sortent plus encore de l’ordinaire, avec des pages impétueuses, sombres, contrastées, qui témoignent d’une réelle ambition. Ses partitions de chambre, parmi lesquelles trois quintettes à vent, d’innombrables quatuors et quintettes à cordes, des quintettes pour flûte et cordes ainsi que de nombreux trios pour diverses nomenclatures, pourront paraître en général un peu légères et, avec leur prédilection pour le genre concertant, donner le sentiment de sacrifier un peu trop à l’air du temps ou à l’envie de chaque instrumentiste de faire son petit numéro.

Mais il faut leur reconnaître un certain charme, parfois même une réelle noblesse de ton, et une forme d’habileté dans l’art d’alterner tempos lents et graves et mouvements rapides et pleins d’énergie. Et surtout on aura à cœur de réserver une place à part aux six quatuors tardifs que Cambini dédia dans les années 1804-1806 au naturaliste (et musicien averti) Étienne de Lacépède : « Esthétiquement, émotionnellement et quant à leur facture, ces ouvrages sont beaucoup plus proches de ceux de Mozart et de Joseph Haydn et même de l’opus 18 beethovénien que du genre quatuor concertant privilégié par Cambini (jusqu’en 1788) et par quelques autres, à la fin du xviiie siècle. [Et on ne peut que saluer] l’originalité de ces quatuors, la densité et la richesse de leur écriture (Allegro vivace carrément polyphonique du re majeur), l’intensité affective et les raffinements (au sens noble du terme) de leurs mouvements lents (de l’admirable Andantino con moto du quatuor en ut majeur, par exemple). »2

Giuseppe Maria Cambini, Quatuor no 3, en si mineur, extrait des six quatuors pour Mr de Lacépède, par le Quartetto Le Ricordanze.

 

Giuseppe Maria Cambini, Symphonie concer-tante no 9 (1782), pour hautbois et basson, par l'Orquesta de Padua y Veneto (2011).

 

Giuseppe Maria Cambini, Symphonie concertante no 5, pour hautbois et basson, en si ♭majeur, I. Allegro, par l'Academia Montis Regalis, sous la direction de Luigi Mangiocavallo.

Notes

1. Vignal Marc, dans « Le Monde de la musique » (236), octobre 1999. 2. Dupart Jean, dans Diapason (416), juin 1995.17

 

 

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Lundi 8 Avril, 2019 2:38