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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : la musique instrumentale en France au temps de Mozart et de Haydn.

Les œuvres de Joseph Boulogne, dit Chevalier de Saint-Georges (1739-1799)

Saint-Georges, par Mather Brown, en 1787.

Véritable personnage de roman, il a été une figure d’exception du siècle des Lumières. « Compositeur raffiné, violoniste virtuose, chef d’orchestre, escrimeur hors pair connu de toute l’Europe, militaire aguerri, premier Noir franc-maçon, séducteur redoutable, il fut une vedette de son temps. »1 En effet, la haute société parisienne s’arrachait cet homme aux talents multiples et au tempérament d’aventurier, venu des lointaines Antilles où il était né des amours d’un planteur blanc et d’une esclave africaine.

En tant que musicien, il bénéficia de l’enseignement de Leclair et de Gossec et, pendant une quinzaine d’années (de 1770 à 1785 environ), composa une quantité appréciable d’œuvres instrumentales, tant pour la chambre (trois cahiers de quatuors à cordes et des sonates) que pour l’orchestre (des symphonies ou symphonies concertantes, et surtout des concertos pour violon). Point commun de ces œuvres : un talent mélodique qui les rend le plus souvent très séduisantes, et qui trouve naturellement son épanouissement dans la douzaine de Concertos que le musicien a dédiés à son instrument.

On n’ira pas jusqu’à entériner le qualificatif de « Mozart noir » dont on a pu gratifier parfois le compositeur, mais, si la construction et le développement des idées laissent à désirer, on lui reconnaîtra non seulement d’avoir su faire briller le violon — notamment dans ses envolées vers le suraigu — sans déraper dans la virtuosité gratuite, mais surtout de s’être distingué par une écriture souple et spontanée, élégante et sensible, avec des mouvements lents qui, entre sensualité et mélancolie, ne sont pas loin, parfois (comme dans l’opus 7 no 2), d’apporter à cette musique une vraie touche mozartienne.

Joseph Boulogne, Concerto pour violon opus 7 no 2 en si♭majeur, par Hans Liviabella et l'Orchestra della Svizzera Italiana, sous la direction d'Alain Lombard.

 

Joseph Boulogne, Symphonie concertante pour 2 violons en sol majeur opus 13, I. Allegro, par Miriam Fried, Jaime Laredo, et le London Symphony Orchestra, sous la direction de Paul Freeman.

Biographie de Joseph Boulogne, dit Chevalier de Saint-Georges

Notes

1. Haïk Stéphane, dans « Répertoire » (168), mai 2003.

 

plume Michel Rusquet
3 juillet
2019

 

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bouquetin

Mercredi 3 Juillet, 2019 20:48