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Goethe-Institut, Paris, 25 juin 2019 —— Jean-Marc Warszawski.

« Piano mon amour » : fin de saison avec Einav Yarden

Einav Yarden, Goethe-Institut Paris, 25 juin 2019. Photographie © musicologie.org.

La saison 2018 / 2019 de la Fondation Alfred Reinhold, au Goethe Institut de Paris, c’est achevée avec un récital d’Einav Yarden.

Grâce à une bourse, elle a étudié à la Buchman-Mehta School of Music à l’Université de Tel-Aviv, puis avec Leon Fleisher au Conservatoire Peabody à l’Université Johns Hopkins. Elle se produit relativement peu en France (Festival international de piano de La Roque d'Anthéron, Festival de Menton, Les flâneries musicales de Reims, Musique en Brionnais, elle est diffusée sur les ondes de France musique), mais développe sa carrière en Israël, aux États-Unis et en Allemagne. Elle enseigne à Freiburg et vit à Berlin. Elle est lauréate de la fondation Alfred Reinhold.

Elle a enregistré trois cédés, l’un croisant les œuvres d’Igor Stravinsky et de Ludwig van Beethoven, un autre consacré à des sonates de Joseph Haydn, enfin un enregistrement  des scènes et fantaisies de Robert Schumann.

Pour le programme (allemand) qu’elle présente ce soir au Goethe-Institut de Paris, et demain au Goethe-Institut de Lyon, elle a choisi comme thème directeur la fantaisie.

La Partita no 4 de Johann Sebastian Bach, une suite de danses. Eynav Yarden assume le grand Blüthner, qui n’est ni un clavecin ni un pianoforte, et son goût de la chose, avec entrain, une attaque franche et sonore, les rythmes bien marqués, et même une fougue martelée pour la gigue finale, une fugue. Bach n’a jamais pu s’empêcher de fuguer.

La fantaisie (un capriccio a écrit Haydn)  en do majeur de Joseph Haydn, dansante aussi,  non sans humour (de fausses modulations), est construite sur le thème d’une chanson populaire, Do Bäuren hat d’Katz valor’n, La fermière a perdu son chat.  Haydn disait cette pièce un peu longue, mais pas trop difficile à jouer, un argument de vente pour son éditeur. C’est une œuvre virtuose, particulièrement le Presto et les effets orchestraux. Le thème des concerts de la saison « Piano mon amour » était « musique et nature », on s’en rapproche avec l’effet des sonneries de cors qui évoquent la forêt et le plein air

Enfin, un très gros et magnifique morceau pour conclure, la fantaisie, elle aussi en do majeur (mais combien modulante) de Robert Schumann, une composition guidée par l’amour, quatre ans avant le mariage avec Clara. Malgré sa simplicité et sa retenue, voire une apparente réserve, Einav Yarden a la flamme expressive et le romantisme au bout des doigts. Romantisme non par les excès supposés, mais par la liberté, ce qu’elle a annoncé avec  la quatrième partita.

En bis, elle a donné la transcription pour piano par Franz Liszt de Widmung (dédicace), un beau Lied de Robert Schumann, toujours brûlant d’amour pour Clara Wieck.

En quelques mots, avant de jouer ce bis, la pianiste rappelle la mémoire d’Ina Rheber qui a longtemps mis en œuvre les cycles des concerts de la fondation Alfred Reinhold, et qui est décédée subitement, à l’âge de 37 ans, au printemps 2018.

Einav Yarden, Goethe-Institut Paris, 25 juin 2019. Photographie © musicologie.org.

 

 Jean-Marc Warszawski
25 juin 2019

 

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