musicologie

2 novembre 2019 —— Jean-Marc Warszawski.

Johann Adam Reincken et l'alchimiste Clément Geoffroy

Johann Adam Reincken, Toccatas, partitas et suites, Clément Geoffroy, clavecin. L'encelade 2018 (ECL 1705).

Enregistré les 27-29 décembre 2017, église Sainte-Aurélie de Strasbourg.

Clément Geoffroy a tout d’abord claveciné au Conservatoire de Nantes sous l’autorité de Jocelyne Cuiller avant de gagner la capitale et l’enseignement de nouveaux maîtres en clavecin et musique de chambre : Bertrand Cuiller, Frédéric Michel, Olivier Baumont, Blandine Ranou, Keneth Weiss…  Médaille de concours au cou (2011) et diplômes en poche (2013), il attaque la vraie vie plutôt brillamment, comme soliste et continuiste dans des ensembles renommés tels Le poème harmonique, Le concert d’Astrée, La chapelle rhénane et autres.

Il est co-fondateur de L’escadron volant de la reine, ensemble qui gagne, en 2015, le premier Prix du Concours de musique de chambre du Val-de-Loir, placé sous la présidence de William Christie, enregistre un premier cédé grandissime de beauté en 2016, un second en comparaison un peu décevant l’année suivante.

Pour un premier cédé soliste, à notre connaissance, Clément Geoffroy a choisi un récital consacré à Johann Adam Reincken (1643-1722), un des grands organistes compositeurs du Nord germanique, dont il nous reste peu de musique, mais de très grande facture, qui attira d’ailleurs l’oreille de Johann Sebastian Bach. Succédant en 1663 à son maître Heinrich Scheidemann à la Catharinakirche, l’église Sainte-Catherine de Hamburg, il est aussi à l’origine de la première troupe d’opéra de la ville, c’est-à-dire de tous les états germaniques.

Dans le livret, Clément Geoffoy, qui écrit fort bien, explique comment il a choisi son instrument. Il est vrai que Reincken était fortuné (on ignore la source de sa richesse, on peut écarter le trafic de stupéfiants ou la contrebande de cigarettes), qu’il pouvait s’offrir le meilleur, c’est-à-dire un Ruckers. Mais en vrai on s’en moque un peu, c’est heureusement l’oreille du musicien qui a pris la décision, certainement sans grande hésitation, tant cet instrument sonne bien : rondeur, profondeur, clarté sur tous les registres y compris dans les parties chargées, équilibre, égalité.

En résumé : Clément Geoffroy + Johann Adam Reincken + copie Ruckers d’Émile Jobin 2005 = ravissement musical. Formule plus que réussie.

Johann Adam Reincken, Fugue en sol mineur (plage 8).

1. Toccata en la majeur ; 2. Ballet, Partite Diverse ; 3-6. Suite en la mineur, Allemande, Courante, Sarabande, Gigue ; 7. Toccata en sol mineur ; 8. Fugue en sol mineur ; 9. Praeludiulm en do majeur.

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(Tanscription de Johann Sebastian Bach, BWV 966) ; 10-13. Suite en do majeur, Allemande, Courante, Sarabande, Gigue ; 14. Holländische Nachtigall ; 15. Schweiger mir Weiber nehmen oder Die Meierin, Partite Diverse.

BIographie de Johann Adam Reincken

 

 Jean-Marc Warszawski
2 novembre 2019


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Samedi 2 Novembre, 2019 2:15