musicologie

—— Jean-Marc Warszawski.

Des Vêpres luthériennes imaginaires en musique et psalmodies

Vêpres luthériennes, œuvres de Scheidt, Schütz, Praetorius, Ensemble choral de l'Orbe, La camerata baroque, Ensemble Fratres, sous la direction de Daniel Meylan. Hortus 2018 (Hortus 162).

Un organiste, deux ensembles vocaux, un ensemble instrumental pour une messe luthérienne imaginaire sur cédé.

Issu de la classe d’orgue du Conservatoire de Genève, notamment sous la direction de Pierre Segond, Daniel Meylan est titulaire de l’orgue de l’église du Sentier, en Suisse, et du temple de Nyon. Il mène une carrière de concertiste, fonde en 1992 La camerata baroque et a enregistré une dizaine de disques chez Préludio, Cascavelle et Hortus. Il est Président de l'Association des organistes romands.

L’Ensemble Choral Val d’Orbe est assis sur une première couche archéologique remontant à un regroupement de chorales en 1985. De fil en aiguille, entre répertoire classique et populaire, l’ensemble s’installe dans les musiques des xviie et xviiie siècles, sous la direction de Daniel Meylan.

La Camerata baroque est un ensemble choral qui revendique la tradition chantante de la vallée de Joux, dans le Jura suisse, où il faut s’occuper pendant les rigueurs de l’hiver. Spécialisé dans les œuvres des xvie-xviiie siècles, la Camerata a toutefois créé des œuvres contemporaines. Sous la direction de Daniel Meylan, ils donnent des concerts, essentiellement en Suisse.

L’Ensemble Fratres est au départ un quatuor à cordes en boyaux pour devenir un ensemble quelque peu atypique et plutôt suisse. Consacré à la musique ancienne sur instruments historiques, il compte en son sein une flûte de pan et des musiciens portés sur l’improvisation et la musique contemporaine, et un luthier.

Tout ce beau monde nous propose des Vêpres luthériennes, plains chants compris, offices du soir conservés de la tradition catholique qui elle-même l’a conservé de la tradition juive. Office du coucher du soleil, avec lequel il vaut mieux être en bons termes si on veut le revoir le lendemain matin. Craintes populaires récupérées par la religion, qui connaît son apothéose dans les offices de ténèbres catholiques de Pâque, où coucher et lever du soleil sont associés à la descente aux enfers et à la résurrection du Christ (selon saint Jean, le Christ est la lumière du monde).

Daniel Maylan a donc imaginé un service de Vêpres en grand apparat, en utilisant les musiques de Samuel Scheidt (1587-1654), Michael Praetorius (1571-1621), Heinrich Schütz (1585-1672), Christian Erbach (1570-1638), Giovanni Gabrieli (1557-1612), Johannes Eccard (1553-1611), Hans Leo Hassler (1564-1612). C’est de la belle musique bien réalisée.

Mais nous avons, en général, du mal à comprendre les restitutions historiques (contestables) sur des supports aussi modernes que les cédés (mais notre oreille moderne peut apprécier cette musique qui lui est contemporaine), avec cet office imaginaire que de sons, sans pasteur ni prédication, nous avons du mal à situer le sens de l’entreprise, qui s’adresse plutôt à des fidèles mélomanes de l’Église réformée qu’aux fidèles et infidèles d’ailleurs.

 

Samuel Scheidt, Psaume 148. Plage 6 (extrait)

 

1. Cloche
2. Introït, Christian Erbach
3. Nun lob, mein Seel, den Herren, Samuel Scheidt
4. Psaume 100, Jauchzet dem Herren, alle Welt, Heinrich Schütz
5. Psalmodie
7. Psaume 149, Die heilige Gemeine, Heinrich Schütz
8. Psalmodie et Amen
9. Psaume 148, Lobet, ihr Himmel, den Herren, Samuel Scheidt
10. Erhalt uns Herr bei deinem Wort, Michael Praetorius
11. Interlude, Canzon seconda, Giovanni Gabrieli
12. Meine Seele erhebt den Herren, Heinrich Schütz
13. Psalmodie
14. Vater unser im Himmelreich, Johannes Eccard
15. Mit Fried und Freud ich fahr dahin, Michael Praetorius
16. Von Gott will ich nicht lassen, Hans Leo Hassler
17. Psalmodie et Deo gratias
18. Modus pleno organo pedaliter : Benedicamus, Samuel Scheidt
19. Cloche

 

 Jean-Marc Warszawski
20 mai 2019

 

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