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Trois cédés jazz aux mages en noir et blanc du siècle dernier!

Magnus Lindgren, Stockholm Underground ; Sylvain Rifflet, Refocus ; Clovis Nicolas, Freedom Suite Ensuite.

29 janvier 2018, par Alain Lambert ——

Trois vinyles phares de l'histoire du jazz : Memphis Underground du flûtiste Herbie Mann en 1969, Focus du saxophoniste Stan Getz en 1961, et Freedom Suite Plus du saxophoniste Sonny Rollins en 1958, le premier révélant le jazz funky, le second le jazz avec orchestre classique, et le dernier préludant au free jazz.

Stockholm UndergroundMagnus Lindgren, flûtiste suédois, a, dans Stockholm Underground (ACT 2017), relu l'opus de 1969 d'Herbie Mann, avec ses compatriotes jazzmen, Daniel Karlsson au fender rhodes, Henrik Janson à la guitare, Lars Danielsson à la basse, Per Lindvall à la batterie. Et en invités Till Bronner à la trompette, et Nils Landgren au trombone, particulièrement sur la version instrumentale de A White Shade of Pale de Procol Arum, de la même époque. Toutes ces compositions retrouvent l'esprit soul et funk, comme Mr Mann ou le thème titre, directement calqué sur celui d'Herbie Mann. S'y ajoutent un blues d'Eric Bibb à la guitare et au chant et un autre d'Ida Sand, qui chante aussi sur le seul titre conservé de l'album originel, Chain of Fools. Tout fonctionne à merveille et on se retrouve à mi-chemin entre hier et aujourd'hui, dans une musique dansante, festive et joyeuse, avec un brin de blues aussi.

 

RefocusAussi l'automne dernier, le saxophoniste français Sylvain Rifflet dans son Refocus (Verve/Universal 2017) a lui relu le Focus de Stan Getz de 1961, orchestré par Eddie Sauter, une des rares réussites de jazz avec orchestre classique, avec le très beau Winter Moon de Art Pepper. Ici Fred Pallem a orchestré. Mathieu Herzog dirige, Florent Nisse est à la contrebasse, Guillaume Lantonnet aux percussions et l'ensemble Appasionnato aux cordes.  À part le titre Night Run qui peut rappeler le Night Rider de Getz, les autres sont des compositions dans l'esprit, et la recréation fonctionne parfaitement. Même jeu de contraste entre les cordes et le swing du sax et de la section rythmique, même esprit ludique qui ne cherche pas forcément à innover, comme dans son groupe actuel Mechanics, mais simplement à perpétuer une tradition en renouvellement permanent, sur le principe de l'improvisation qui oblige à réinventer constamment les règles du jeu.

Sylvain Rifflet sera à Jazz sous les pommiers à Coutances le dimanche 6 mai avec l'ensemble Art Sonic [voir notre chronique].

 

Freedom Suite EnsuiteEnfin, sorti ce mois de janvier, la Freedom Suite Ensuite (Sunnyside/Socadisc 2018) du contrebassiste français le plus new-yorkais, Clovis Nicolas, réarrangée dans son intégralité plus deux Interludes, au milieu d'autres compositions, comme en son temps Sonny Rollins, trois ans avec la date officielle de naissance du free jazz. Avec en 1958 juste un trio sax, contrebasse, batterie, et le défi de jouer en toute liberté sans accords plaqués, mais sur les seuls arpèges évanescents de la contrebasse, avec une sonorité et un jazz complètement inédits alors. Le musicien d'aujourd'hui a rajouté une trompette au trio (Brandon Lee ou Bruce Harris) mais conservé la contrainte initiale, assez courante de nos jours pour beaucoup de groupes à la recherche d'une autre voie. Grant Stewart est au sax ténor et Kenny Washington à la batterie. En dehors de la suite de  Rollins et de deux standards, Fine and Dandy de Kay Swift et Little Girl Blue de Richard Rodgers, les six autres titres sont du contrebassiste, dont le premier, The 5_30 PM Dive Bar Rendezvous, nous plonge dans l'ambiance de la Grosse Pomme tout en introduisant la relecture promise. La Freedom Suite n'a pas vieilli d'une note et le son très actuel du quartet la fait revivre dans sa toute-puissance mélodique et rythmique.

Une belle réussite à découvrir le 19 mars, au Duc des Lombards à Paris, en live.

 

Alain Lambert
28 janvier 2018

 

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bouquetin

Lundi 29 Janvier, 2018 14:45