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9 octobre 2018 —— Alain Lambert.

Quatre cédés de jazz éclectique pour regarder les feuilles tomber

Du jazz sidéral, world, acoustique et électrique pour ce début d'automne, venu de l'espace avec le saxophoniste Guillaume Perret, de l'Orient avec l'oudiste Dafer Youssef, le long des cordes de la basse de Laurent Bonnot ou de la contrebasse de Ricardo Del Fra.

16 levers de soleil de Guillaume Perret (La Vingt Cinquième Heure 2018) est la bande originale du film de Pierre Emmanuel Legoff, sorti début octobre et consacré à l'aventure de Thomas Pesquet dans l'espace. Le saxophoniste y compose et joue en quartet avec Yessai Karapetian aux claviers, Julien Herné à la basse et Martin Wangermée à la batterie. S'y ajoutent sur deux morceaux les rappeurs Nya et Lino, et ailleurs la voix lunaire du contre-ténor Fabrice Di falco. Plus divers sons venus de la station spatiale ou ceux des planètes captés par la sonde Voyager. Un environnement sonore qui permet au musicien de proposer un cédé captivant, indépendant du film. Du jazz cosmique de belle facture avec en particulier le morceau Into The Infinite, composé pour le spationaute, et joué par lui dans l'espace, devant l'un des seize levers de soleil composant sa journée. En final, un hommage à Saint Exupéry avec des voix d'outre temps surgies des limbes sidérales.

Sounds Of Mirror de Dafer Youssef est un très bel album (Anteprima 2018) du musicien tunisien, enregistré à Bombay puis Istanbul et mixé en Suède. Il y convie le percussionniste indien Zakir Hussain, le clarinettiste turc Hüsnü Şenlendirici et le guitariste norvégien Eivind Aarset. La voix de tête du oudiste, souvent envahissante dans les précédents albums, se fait plus grave ici ou laisse la place à la clarinette enchantée, au oud virtuose, aux tablas endiablés au milieu des nappes de guitare  atmosphérique, en duo, en trio ou quatuor. Les thèmes méditatifs alternent avec les morceaux plus dansants dans l'esprit soufi qui permet à l'ivresse du tournoiement d'atteindre une autre forme de contemplation. Dans Shanti « Atith Devo Bhava » l'incroyable clarinette un peu doudouk devient presque hindoue en prélude à une suite en quatre mouvements mêlant l'univers musical indien à celui de l'oudiste fortement inspiré par cette rencontre avec le maître des rythmes et des tablas.

Avec Black Lion (Jazz Family 2018, sortie le 12 octobre) du bassiste Laurent Bonnot,  retour à un jazz groovy plus classique où les instruments acoustiques, piano, batterie (Franck Agulhon) et saxophones (Sylvain Boeuf au ténor et Pierrick Pedron à l'alto) se conjuguent parfaitement avec les instruments électriques, claviers (Pierre de Bethmann), guitare (Manu Codja) et la basse du compositeur. Un équilibre réussi entre les deux univers qui permet d'élargir la palette musicale et de bien mettre en valeur les neuf compositions de ce chouette album. Dans A Classic Week le bassiste prend un long solo dans lequel sa connaissance de la guitare rejaillit. Ce qui n'empêche pas la six cordes de mener la danse de Space Fakir. Ou le clavier de prendre la part du Black Lion. Quant aux saxophones, on les retrouve en solo dans Enzo, avant l'envolée lyrique de la guitare. La batterie y va tambour battant sans doute, mais tout en nuances aussi dans Delusion Song ou Centrum Station.

À écouter en live au Sunside à Paris le 28 novembre.

Avec Ricardo Del Fra et son Moving People (Cristal Records 2018, sSortie le 19 octobre), la contrebasse reprend le jeu et seule la guitare de Kurt Rosenwinkel, invité, est électrique. Un beau son d'ailleurs, qui, dès le premier thème au titre éponyme, s'impose dans l'univers acoustique du sextuor. Avec le Polonais Tomasz Dabrowski  à la trompette, l'Allemand Jan Prax aux saxophones alto et soprano, Remi Fox aux saxophones soprano et baryton, Carl-Henri Morisset au piano, et l'Américain Jason Brown à la batterie. Le trio de cuivres fait sonner l'ensemble comme un mini big band bigarré. Le second thème, Ressac dont l'anagramme est « casser » a été inspiré par « l'image terrible d'un enfant sans vie sur une plage ». L'enfance brisée par la guerre et les mines se retrouve dans Children Walking. Moving People, ce sont « ceux qui laissent tout derrière eux... dans l'espoir d'une nouvelle vie. » et les autres thèmes témoignent de l'espoir du musicien, et de son plaisir de composer, de jouer, d'écouter ses compagnons de multiples horizons improviser en toute beauté et liberté.

À écouter en live, en sextuor, le 22 novembre à Metz, puis en septuor au Sunside à Paris, du 29 novembre au 1er décembre, puis à Radio France, le 2 février.

Alain Lambert
9 octobre 2018

 

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