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Ziad Nehme : ténor libanais et iconoclaste passionné du chant lyrique

Ziad Nehme. Photographie © Rana Massaad.

Du Akkar libanais, au nord du Pays du Cèdre, jusqu’aux grandes scènes européennes, le ténor Ziad Nehme poursuit un cheminement lyrique des plus iconoclastes mais toujours empreint de passion. Il vient de prendre part avec succès, dans le rôle de Rogelio, à la création « L’ombre de Venceslao » dont Musicologie a récemment rendu compte. Nous avons profité de son passage à l’opéra de Marseille pour le rencontrer.

11 novembre 2017, propos recueillis par Jean-Luc Vannier ——

Musicologie - Pourquoi et comment vous êtes-vous décidé à suivre une voix artistique et lyrique ?

Ziad Nehme: Par pur hasard: j’étais trop vieux pour la classe de piano. Donc j’ai commencé à prendre des cours de chant, dans l’espoir de revenir au piano éventuellement. Mais le chant m’a donné du plaisir. Ayant fini ma formation en Mathématiques à 22 ans, j’ai décidé de tenter ma chance avec une formation supérieure en opéra. J’ai alors rejoint la classe de Master au Mozarteum de Salzbourg, ce qui a abouti aux premiers engagements au bout de deux semestres. Et c’était fait.

Musicologie - Pourquoi pas au Liban ?

Ziad Nehme: La formation et la pratique professionnelle du chant lyrique au Liban sont très limitées. Je faisais partie des chœurs et ai chanté en solo dans la plupart des festivals classiques au Liban. Mais je n’aurais pas pu vivre de ma profession si j’y étais resté.

Musicologie - Qu'avez-vous trouvé à Hambourg et à Mannheim en termes de propositions lyriques que vous n'avez pas trouvées en France ?

Ziad Nehme: La plus grande différence entre les maisons allemandes et françaises, c’est qu’en Allemagne, chaque maison a sa propre compagnie (ou troupe) de solistes pour jouer son répertoire. J’ai été membre des troupes de Bremerhaven, Oldenburg, Hambourg et Mannheim. Ce sont des maisons de tailles différentes mais dont les Ensembles varient entre 7 et 40 chanteurs solistes. Faire partie d’une troupe permet de chanter un vaste répertoire — j’ai eu des saisons avec 16 ou 17 rôles différent — et surtout de jouer fréquemment, et d’apprendre les rôles et les mises en scène en un temps court.

Musicologie - Comment définiriez-vous votre répertoire ?

Ziad Nehme: Flexible.

Musicologie - Quels seraient vos souhaits lyriques pour l'avenir ?

Ziad Nehme : Je souhaite chanter plus de créations. Et aussi de découvrir certains classiques que je n’ai pas encore chantés: Tamino, Tom Rakewell ou David dans Les Maîtres Chanteurs. Dans le répertoire contemporain, j’aimerais bien chanter des opéras d’Aribert Reimann, de Philip Glass ou de Salvatore Sciarrino.

Musicologie - Vous semblez être un «touche-à-tout» dans le domaine du chant ? Ne craignez-vous pas de trop et mal exploiter vos capacités vocales ?

Ziad Nehme : Je ne dirais pas exploiter mais plutôt découvrir. C’est en essayant qu’on découvre ses points forts.

Musicologie - Vous dites: « c'est un cliché que la musique contemporaine abîme la voix ». Pouvez-vous expliquer? 

Ziad Nehme: C’est un point de vue populaire parmi les collègues. Certes, quand on est habitué à chanter que du bel canto, on aura des difficultés à s’adapter au répertoire contemporain. Mais d’après mon expérience, ce répertoire oblige l’interprète à expérimenter au-delà des conventions et, par la suite, à découvrir de nouvelles capacités et couleurs dont le répertoire classique bénéficiera.

Musicologie - Vous déclarez « chauffer votre voix avant une performance avec du Rossini et du Schumann ». Quelles raisons donnez-vous à ces préférences, par ailleurs fort éloignées l'une de l'autre ?

Ziad Nehme : Chauffer la voix avant un spectacle sert à retrouver les sensations dont on a besoin durant la soirée. Ça dépend des jours aussi. Cette fois, c’était Schumann et Rossini — Schumann pour la diction et le médium, Rossini pour la brillance et l’aigu — une autre fois c’est Bach et Mozart.

Musicologie - Quels souvenirs gardez-vous de ce premier passage à l'opéra de Marseille ?

Ziad Nehme : Les promenades le long du vieux port entre les répétitions et le chant des mouettes !

Ziad Nehme Photographie © Heiko Sandelmann.

 

Le 10 novembre 2017
Propos recueillis par Jean-Luc Vannier

 

Jean-Luc Vannier, jlv@musicologie.org, ses derniers articles : L'Ombre de Venceslao, lumière vive et insolite à l'opéra de MarseilleUne Messa da Requiem d'exception par Riccardo Muti et le Symphonieorchester des Bayerischen RundfunksLe nozze di Figaro aux multiples tempi à la Bayerische StaatsoperLes voix de La Favorite charment l'Opéra de MarseilleLa soprano Julia Lozhevskaya, révélation de l'Académie lyrique de l'opéra de Monte-CarloDvořák, Bartók joué par E. Kissin, Janáček et Kodály pour le concert de gala des Amis de l'Orchestre Philharmonique de Monte-CarloToutes les choniques de Jean-Luc Vannier.

 

 

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Samedi 11 Novembre, 2017 19:51