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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : La musique instrumentale de Wolfgang Amadeus Mozart

Introduction ; musique de chambre ; musique symphonique ; musique concertante.

Les variations pour clavier de Wolfgang Amadeus Mozart

sonates ; variations ; fantaisies ; œuvres diverses, pour deux pianos, pour orgue.

De sa dixième à sa toute dernière année, Mozart est revenu au moins quinze fois à ce genre du thème varié qui était visiblement très demandé par le public de l’époque. Mais, s’il y décline avec brio toute la panoplie usuelle des procédés du genre, il faut bien reconnaître que ces compositions nous laissent à des années-lumière des Variations Goldberg de Bach et des Variations Diabelli de Beethoven, et c’est encore dans ses sonates que le musicien livre ses meilleures variations pour piano. On peut néanmoins se laisser tenter car, précisément par leur côté ouvertement virtuose, ces œuvres nous mettent en présence du concertiste et improvisateur tel qu’il pouvait être face à son public quand il s’agissait d’étaler son savoir faire et son inventivité. Et surtout la plupart réservent à l’auditeur quelques moments de poésie et d’intimité que les fervents du compositeur chérissent par-dessus tout : Mozart y insère en effet « une variation dans le mode mineur, moment privilégié où un énoncé banal peut se creuser, s’approfondir en passant du clair à l’obscur, et une variation adagio, souvent plus belle encore, où pour un court instant le poète congédie l’acrobate, avant le feu d’artifice de la variation finale. »22

Variations des années de jeunesse

Il s’agit d’une part des variations K 24 (sur un thème de Graaf) et K 25 (sur l’air « Willem van Nassau ») composées lors du séjour aux Pays-Bas, des petites choses qui montrent au moins ce dont était capable ce gamin de dix ans, et par ailleurs de deux séries des années 1772-1774 : les douze variations sur un menuet de J. C. Fischer, K 179, pur morceau de bravoure que le musicien joua souvent avec grand succès mais qu’on se doit d’oublier, et les six variations sur « Mio caro adone » de Salieri K 180,  qui, elles au moins, font une petite place à la musique.

Variations des années 1778 à 1781-1782

Cinq séries cette fois, qu’on pourrait qualifier de « françaises ». On y trouve en effet les douze variations sur « Lison dormait », K 264, les douze sur « Ah ! vous dirai-je, maman », K 265, les huit sur « Dieu d’amour » de l’opéra Les Mariages samnites de Grétry, K 352, les douze sur « La Belle Française », K 353, et les douze sur « Je suis Lindor », K 354.

Dans le lot, la palme de la notoriété revient évidemment au cahier « Ah ! vous dirai-je, maman ». Ses qualités y sont certainement pour quelque chose, qui lui ont permis de survivre aux mauvais traitements qui lui ont été infligés dans les conservatoires. La palme de la virtuosité va en revanche à l’ébouriffante série sur « Lison dormait » avec laquelle on imagine tout à fait Mozart mettant son public à genoux, et les variations sur « Je suis Lindor » soutiennent presque la comparaison en terme de surenchère virtuose, sans en avoir tout à fait le piquant et le côté bravache. Cependant, c’est peut-être dans les deux autres cahiers, K 352 et K 353, que la musique trouve son compte : ils sacrifient très raisonnablement à la virtuosité et, plus que les autres, incluent des variations lentes qui touchent la corde sensible.

Douze variations sur « La Belle Française », K.353, par Ronald Brautigam, pianoforte

Variations des années 1783 à 1786

On a là deux thèmes variés que Mozart improvisa devant l’empereur et coucha ensuite sur le papier, et qui, sans doute, reflètent assez bien le talent que manifestait le musicien dans ces circonstances : les six Variations sur « Salve tu, Domine » (de Paisiello), K 398, pages souvent originales, audacieuses même, et non dénuées de poésie, et les dix variations sur « Unser dummer Pöbel meint » (de Gluck), K 455, où le compositeur fait preuve d’un métier accompli mais semble musicalement peu inspiré. À ces cahiers s’en ajoutent deux autres : les très modestes huit variations sur « Come un’agnello », K 460, dont le principal atout est leur extrême brièveté, et dont l’authenticité même est aujourd’hui sérieusement mise en doute ; et, nettement plus intéressantes, par leur étrangeté, leur liberté et leur raffinement, les douze variations en si♭ majeur, K 500, écrites sur un allegretto anonyme qu’on ne peut s’empêcher d’attribuer à Mozart lui-même.

Variations en si♭majeur K.500, par Shigetoshi Ezawa.

Variations des années 1788 à 1791

Mettons ici de côté les cinq très douteuses variations en fa majeur K 54 (sur un thème probablement original) qui, de toute façon, n’honoreraient en rien la signature de Mozart, pour retenir deux cahiers nettement plus substantiels : d’une part, les célèbres neuf variations sur un menuet de Duport, K 573, qui, à défaut de mériter tout à fait leur notoriété, ne manquent ni de chic ni d’humour ; et de l’autre, l’ultime recueil de huit variations sur « Ein Weib ist das herrlichste Ding », K 613,  injustement méconnu. Au bout de sa route, Mozart nous donne ici, peu de temps avant La Flûte enchantée, les plus légères et les plus transparentes de ses variations pour piano.

Variations K.613.

Pour la bonne bouche, on voudrait ajouter à la liste les six variations sur un thème du quintette avec clarinette, superbe adaptation du finale (Allegretto con variazioni) du mythique Quintette K 581. Mais rien ne saurait remplacer l’original, et, de plus, publiée à titre posthume sous le nom de Mozart, cette partition est clairement apocryphe.

Notes

22. Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p.2021.

 

 

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ISSN  2269-9910

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bouquetin

Jeudi 16 Février, 2017 18:23