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Frédéric Audibert dans les suites pour violoncelle seul de Johann Sebastian Bach

Frédéric Audibert, église des Billettes, 22 avril 2017.

Paris, 22 avril 2017, Par Jean-Marc Warszawski ——

Après son premier Prix au Conservatoire national supérieur de Paris et la série de concours internationaux obligés, Frédéric Audibert a développé une carrière internationale et planté la pique de son violoncelle sur les scènes d'Europe, des États-Unis, du Japon, en récital ou avec orchestre, dans un vaste répertoire allant des musiques du xviie siècle à celles d'aujourd'hui, avec des créations d'œuvres de Nicolas Bacri, Marcel Landowski, Gérard Gastinel et autres.

Il est  violoncelle solo de la Chambre Philharmonique-Emmanuel Krivine, et du Dresdner Musikfestspiele, dirigé par Ivor Bolton, avec lesquels il se produit en Europe. Il dirige des nombreuses classes de maître, et enseigne le violoncelle à l'Académie Prince Rainier iii de Monaco et au Conservatoire de Nice.

Directeur du festival « Quatuors en pays » de Fayence et coordinateur à Paris du festival de violoncelle « Cello Fan », il a enregistré à ce jour, une vingtaine d'albums.

Dans le cadre de « Cello Fan », il proposait, samedi 22 avril, à l'église des Billettes dans le Marais de Paris, l'intégrale des 6 suites pour violoncelle seul (dans le goût français), de Johann-Sebastian Bach, selon les copies réalisées par son épouse Anna-Maria Magdalena (il en existe deux autres). Ces suites ont été composées entre 1717 et 1728, alors que le compositeur était maître de chapelle à  la cour d'Anhalt-Coethen, après un séjour en prison pour avoir demandé  congé  à son employeur précédent, le duc de Weimar.

Ces suites font partie aujourd'hui des obligations de tout violoncelliste, après en avoir été le couronnement de carrière. Elles sont un chef d'œuvre, et révèlent cet extraordinaire art du contrepoint évoqué à une voix, qui semblent avoir jailli de la plume de Bach avec une évidente simplicité, six moments d'un flux musical qu'on paut imaginer sans début et sans fin. Quelque chose du rêve des Grecs anciens, d'entendre une partie de la musique des planètes les jours de danse.

Ce sont des suites de (six) danses, venues des places des villages, apprivoisées à la cour et chez les notables, devenues musique de concert (préludes, allemandes, courantes, sarabandes, bourrées, gigues, gavottes).

Un peu fatigué par des vacances reposantes, nous redoutions la soporifie. Bonne surprise, ce ne fut pas le cas,  grâce au jeu dansant, incisif et varié du violoncelliste. L'observation s'installant dans la durée, nous avons fini par remarquer la belle articulation de la main gauche, les doigts toujours à l'attaque, évitant tout glissé, la clarté et la précision des ornements, l'impression d'aisance, le frotté subtil et caressant de l'archet, y compris dans les forte ou les traits rapides, en  parfaite symbiose avec la touche. Mais surtout,  la qualité du son homogène coffré sur tout l'ambitus, la qualité des aigus qui lâchent encore de la rondeur harmonique, là où l'on n'évite souvent pas le pincé un peu nasillard et pleureur. Une technique et un engagement musicaux qui mettent en valeur le beau violoncelle de Maud Tortellier.

Le mélomane ne confondant pas concert et jury de concours, retient surtout le plaisir de l'excellente fin d'après-midi, assis dans la seconde galerie pour les trois premières suites, un peu agacé par les claquements réguliers des fils électriques  anti-pigeons parvenant à travers la verrière.

Puis après une pause assez conséquente, pour un second set comme disent les jazzmen, un tout aussi excellent début de soirée, cette fois depuis la première galerie, où parvenaient parfois les cris boboétiques des foules massées rue des Archives devant les terrasses des cafés, confortant avec la nuit tombante sur les trois dernières suites, le sentiment d'intimité.


Jean-Marc Warszawski
28 avril 2017

 

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bouquetin

Vendredi 28 Avril, 2017 4:41