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Exercices d'adoration : Membra Jesu nostri, de Buxtehude

Notre-Dame de Paris, 7 mars 2017, par Frédéric Norac ——

Autant, sinon plus qu'à la cantate luthérienne, c'est au petit motet à la française que font penser ces sept concerts-arias du cycle Membra Jesu Nostri de Buxtehude. D'abord par l'usage d'un texte latin, poésie de dévotion que précède une citation biblique exaltant le corps blessé du Christ en croix. Ensuite par l'effectif instrumental : deux violons, deux violes de gambe, deux contrebasses, un basson, un positif. Enfin par la brièveté et l'importance de l'élément choral.

La structure de base, prélude instrumental, chœur d'introduction, un ou deux brefs airs solistes, et reprise finale du chœur introductif est merveilleusement variée au fil des sept pièces et révèle une richesse d'inspiration sans cesse renouvelée. Difficile d'imaginer que ces pièces n'aient pas été conçues comme un ensemble tant la progression dans l'exaltation y est patente.Une des plus fascinantes est le « Ad manus » dont le prélude et le choeur introductif baignent dans un climat contemplatif fascinant, mais l'effet ascensionnel — des pieds à la face du Christ (de la partie la plus humble à la plus noble)  — est merveilleusement rendu par un élargissement progressif de l'effectif et de la respiration musicale qui va s'amplifiant et s'élargissant jusqu'à la pièce finale « Ad facem » dont le solo est confié à un contralto. L'ensemble se conclut par un « Amen » fugué qui parait presque rapporté et conventionnel au regard de l'incroyable modernité de certains passages, notamment instrumentaux ou chorals.

Sous la direction attentive d'Henri Chalet, le petit ensemble d'instrumentistes des élèves du département de musique ancienne du Conservatoire de Paris associé au chœur d'adultes de la Maîtrise y fait merveille. Les jeunes chanteurs — deux sopranos, une mezzo, un alto, un baryton, deux ténors et une basse — qui prennent les solos resteront anonymes, mais au moins deux d'entre eux (un ténor et une basse), que nous aurions aimé pouvoir nommer, nous ont singulièrement impressionné par leur maturité vocale. Tous, quoi qu'il en soit, du plus affirmé au plus juvénile, communiquent une couleur personnelle et beaucoup de conviction à leurs interventions.

Il y a quelque chose d'humble et de profondément spirituel qui touche souvent au sublime dans cette musique qui se veut l'expression de l'adoration mystique.

Avouons-le, pour nous qui découvrions ce cycle et même sans être « croyant », la beauté exigeante et intemporelle de la musique de Buxtehude nous a surpris et transporté.

Frédéric Norac
7 mars 2017

 

Frédéric Norac : norac@musicologie.org. Ses derniers articles : Mort d'un grand petit homme : Alberto Zedda (1928 - 2017) — Double retour aux Champs-Élysées : Le retour d'Ulysse dans sa patrieCréation à l'Athénée : Je suis un homme ridicule, un opéra d'après DostoïevskiJonas Kaufmann, le retour : Lohengrin à l'Opéra-Bastille — Musica femina : Isadora, Wanda, et quelques autres à Saint-LeuTous les articles de Frédéric Norac.

 

 

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