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Beethoven entre l'amour et la guerre : Orchestre des Champs-Élysées et Philippe Herreweghe à Saintes

Éric Le Sage interprétant le 5e concerto « Empereur » de Beethoven, 8 février 2017. Photographie © Accent tonique.

Concert du 8 février 2017, à l'Abbaye aux Dames, la Cité musicale de Saintes, par Strapontin au Paradis ——

En avant-goût de l'intégrale des symphonies de Beethoven au Théâtre des Champs-Élysées à la mi-mars, Philippe Herreweghe et son orchestre qui porte le même nom que le théâtre, ont donné un concert, à l'occasion de ses 25 ans d'aventure musicale, sous le thème de « Beethoven entre l'amour et la guerre », à Saintes, avec le concerto « Empereur » et la 8e symphonie.

En premier lieu, le concerto. Éric Le Sage s'installe devant un piano à queue Blüthner de 1856, dont la facture n'a presque rien à voir avec celle d'aujourd'hui. L'instrument, surtout dans ses aigus, a cette sonorité timbrée particulière à cette époque ; chaque note est très détachée des autres, bien que dans des passages en forte et dans le tutti, le piano sonne quelque peu saturé. La difficulté, que l'interprétation fait transparaître tout au long du concerto, est de trouver un bon équilibre entre l'orchestre et l'instrument soliste. En effet, on sent une sorte de réserve de la part de l'orchestre, comme s'il ne savait pas trop comment le piano va sonner réellement dans les mesures qui suivent, et ce malgré une répétition bien remplie (à laquelle nous avons assisté pour une partie). Quant au pianiste, il semble ne pas pouvoir déployer sa pleine capacité, on voit parfois des hésitations, même dans ses gestes. Pour autant, l'interprétation dans l'ensemble n'est absolument pas malheureuse, au contraire, la dynamique beethovénienne est bien là, celle d'un compositeur qui défie les bombardements napoléoniens à Vienne et son problème auditif.

Éric Le Sage donne un bis, un extrait de Davidsbündlertänze de Schumann, avec cette grande sérénité qu'on apprécie chez ce pianiste. Après le concert, il nous confie que le choix de Schumann s'est fait naturellement, car la date du piano correspond à l'année de sa mort.

Philippe Herreweghe dirigeant l'orchestre des Champs-Élysées, 8 février 2017 © Accent tonique.

En deuxième partie, c'est le thème de l'amour que l'on trouve, avec l'interrogation relevée dans le programme : la rencontre entre Ludwig et la cantatrice Amelie Sebald a-t-elle influencé la composition de sa symphonie no 8 ? Quelle que soit la réponse — positive selon le texte — l'orchestre paraît complètement revivifié, débordant d'énergie, comme pour montrer de quoi il est véritablement capable. Les cordes émettent des sons pleins en rondeur, agréables à écouter, car adaptés au tempérament de chaque mouvement. L'acoustique généreuse de l'abbatiale y joue, grâce à la belle unité que créent les musiciens, apportant une ampleur à la musique sans faire flotter le son. À la fois précise et souple, la direction de Herreweghe insuffle la vitalité : si on dit que la 7e symphonie est dominée par la danse, la 8e en est imprégnée, peut-être plus que sa grande sœur.

Cette œuvre orchestrale qui n'a pas de mouvement lent est toujours à bondir de joie, et Philippe Herreweghe est visiblement attaché à cette gaîté puisqu'il a décidé de donner une deuxième fois l'« Allegretto scherzando » en bis. Il précise qu'il voulait prendre un tempo un peu plus rapide que ce qu'il vient de jouer, mais les musiciens ont du mal à s'accorder pour l'allure donnée par le chef. À deux reprises, celui-ci se retourne vers le public après quelques mesures, pour commenter avec humour leur « échec ». Et c'est là, tout un charme convivial que confère le maître belge à son orchestre et à la musique qu'ils proposent ensemble.

 

 Strapontin au Paradis
28 février 2017

 

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bouquetin

Mercredi 1 Mars, 2017 13:49