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Arbre nuage : musique contemporaine pour erhu

Ying-Chieh Wang, Arbre nuage, musique contemporaine pour erhu, Ying-Chieh Wang (erhu), Fanny Vicens (accordéon), Jennifer Hymer (piano), Christelle Séry (guitare). Empreinte digitale 2017 (ED 13253).

3 décembre 2017, par Jean-Marc Warszawski ——

Wang  Ying-Chieh est une virtuose de l'erhu, une vièle à deux cordes, un important instrument de la musique chinoise. Originaire de Taipeia, elle commence l'étude du erhu à l'âge de huit ans, après le piano et le violon. En 2002, elle obtient son master, sous la direction de Yum-Tin Lin, à l'Institut des hautes études d'art de Taiwan. erhu principal de l'Orchestre chinois de Taipei, elle joue au sein de nombreux autres orchestres, anime des classes de maître, y compris en Europe et en France. Jouant le répertoire classique, elle a également collaboré avec des compositeurs et créé leurs œuvres commandées par divers orchestres ou institutions, particulièrement l'association Tout pour la musique contemporaine, dont ce cédé offre un florilège. Elle enseigne à l'Université nationale de Taiwan.

Le livret qui accompagne le cédé insiste sur l'opposition entre le répertoire traditionnel ancestral du erhu et l'intrusion, présentée comme quasi-révolutionnaire, de pièces contemporaines, « délocalisation » jugée impensable voici cinquante ans, avant l'enseignement de Toru Takemitsu à Shanghai à partir de 1976.

Mais le répertoire soliste de l'erhu n'est pas ancestral.  Il a été initié avec succès au début du xxe siècle par Liu T'ien-hua (1895-1932), il existe aujourd'hui un répertoire de musique de chambre, voire de duo avec piano, très prisé, se rapprochant de la romance et de la variété, l'occupation coloniale de la Chine n'étant peut-être pas étrangère à cette coloration.

Si on se fie au livret, ce cédé s'adresse à un public francophone, anglophone et chinois. Mais la rupture avec tradition mise en avant ne peut être ressentie de la même manière par un Chinois coutumier de cette tradition et un Français pour lequel cette tradition lointaine de l'oreille est un exotisme. Ce qui est valable, dans une moindre mesure pour les compositeurs.

Il resterait enfin à discuter sur la nature de la rupture entre tradition et nouveauté, il nous semble qu'être inspiré par le passé ou vouloir en faire table rase est un débat sans grand intérêt qui a vieilli.

Six œuvres pour erhu, avec selon le cas accordéon, guitare, piano ou électronique, sont proposées. Elles exploitent le caractère mélodique proche de la voix humaine, voire  de la scie musicale, propice à la mélopée introspective, à l'imitation des inflexions vocales, la faible teneur en harmoniques (cristallines) et la facture peu mécanique de l'instrument n'offrant pas un grand choix de manipulations, mais en offrant tout de même.

Contrairement aux théories fondatrices de la musique contemporaine d'après 1945, attachées à des systèmes d'écriture  ou se réclamant de systèmes langagiers, nous serions plutôt ici dans une ambiance illustrative, picturale, théâtrale, orale, souvent méditative, qui ravira de suite les adeptes des musiques dites planantes, et après deux écoutes intéressera les moins planantes.

Les arbres nuages est une tradition de taille japonaise, où l'on coupe les touffes de feuillages des arbres en forme de boules, donnant l'impression d'imiter ainsi les nuages.

Juan Camilo Hernandez Sanchez, Aquelarres, pour erhu et accordéon (extrait), plage 5.

 

1. Leilei Tian, Le discours d’une larme perdue, pour guitare et erhu (2012)

2. Wei-Chieh Lin, Ruines, pour erhu et deux musiciens (2017)

3. Lin-Ni Liao, Le train de la vie iii, pour erhu et électronique (2012)

4. Heng Chen, Aide-mémoire, pour erhu, accordéon et piano (2017).

5. Juan Camilo Hernandez Sanchez, Aquelarres, pour erhu et accordéon (2012).

6. Christian Eloy, Fold-In, pour erhu et électronique, (2017)

Enregitré à Taipei et à la Comédie-Nation à Paris

Jean-Marc Warszawski
3 décembre 2017

 

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Mercredi 6 Décembre, 2017 3:39